Marie-Thérèse Ledóchowska – une aristocrate à la foi profonde
Née le 29 avril 1863 à Loosdorf en Autriche, Marie-Thérèse est issue d’une famille aristocratique profondément croyante et patriote. Son père le comte Antoine Ledóchowski, appartenait à une famille polonaise de grande renommée, et sa mère Joséphine était suisse. Les enfants ont reçu une éducation religieuse très vivante, enrichie par l’amour des arts et de l’histoire.

Une épreuve qui marqua sa vie

À vingt ans, alors qu’elle semblait promise à un avenir brillant dans la haute société, Marie-Thérèse contracta la variole – une maladie alors redoutable. Elle en conserva des marques physiques, mais surtout elle transmit la maladie à son père qui en mourut. Ce drame, au lieu de la briser, éveilla en elle un désir brûlant : faire quelque chose de grand pour Dieu.
Elle renonça à une carrière à la cour pour lutter contre l’esclavage
Elle servait comme dame d’honneur à la cour de la princesse Alice de Toscane, à Salzbourg. Ce rôle prestigieux lui ouvrait bien des portes. Mais lors d’une rencontre avec des missionnaires venues de Madagascar, elle entendit parler pour la première fois de la misère, de l’analphabétisme et de l’esclavage en Afrique. Profondément touchée et inspirée par l’appel du cardinal Lavigerie aux femmes d’Europe, elle décida de consacrer sa vie à cette cause. La princesse Alice elle-même la soutint dans ce choix radical.

Une militante qui a défié les normes de son temps

Consciente de la gravité de la situation en Afrique, elle refusa de se taire. À une époque où les femmes n’avaient guère le droit de s’exprimer en public, elle prit la parole avec audace. Elle participa à des congrès, donna des conférences missionnaires dans toute l’Europe, utilisa des moyens de communication innovants : projections lumineuses, musées ethnographiques, pièces de théâtre, et même une imprimerie dans sa maison religieuse près de Salzbourg. On l’entendait à Vienne, Paris, Venise, Cracovie, Prague, Brünn, Trieste…
Pionnière du journalisme missionnaire
Avec son journal L’Écho d’Afrique, elle donna une voix aux missionnaires. Leurs lettres publiées dans ses colonnes, touchaient les lecteurs au point que beaucoup commencèrent à envoyer des dons. Devant l’ampleur de la mission, elle fonda en 1894 l’Œuvre de Saint Pierre Claver pour les Missions africaines, qui deviendra plus tard une congrégation religieuse.
Dans un monde où la parole féminine était déconsidérée, elle utilisa des pseudonymes masculins – Africanus ou Alexandre Halka – pour être lue et prise au sérieux.

Une foi inébranlable en la Providence divine

Malgré les difficultés elle n’a jamais douté que son œuvre répondait au plan de Dieu. Soutenue par de nombreux bienfaiteurs et collaborateurs laïcs, elle ouvrit des bureaux missionnaires à travers l’Europe. Elle attribuait tous ses succès non à ses capacités mais à la main de Dieu qui guidait chacun de ses pas.
« Mère de l’Afrique » – béatifiée par le pape Paul VI
Marie-Thérèse s’est éteinte le 6 juillet 1922 à l’âge de 59 ans. Elle fut béatifiée le 19 octobre 1975 lors de la Journée Mondiale des Missions. Bien qu’elle ne soit jamais allée en Afrique elle mérita le titre de « Mère de l’Afrique ». Elle répondait à chaque appel des missionnaires : construction d’écoles, envoi de médicaments, impression de catéchismes ou de Bibles en langues locales.

Elle a su surmonter les difficultés d’un temps peu favorable
à l’apostolat féminin pour se consacrer pleinement à l’ÉvangilePaul VI, dans la lettre apostolique (AAS 68 [1976])
