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Italie – Une maison de l’Église universelle

Le Collège Mater Ecclesiae de Castel Gandolfo est un lieu de formation pour des religieuses venues du monde entier, où la vie quotidienne devient une véritable expérience de l’Église universelle. Sœur Genowefa Kudlik SSPC, directrice du collège, nous partage la réalité de cette maison ainsi que la mission de la communauté internationale des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver qui y est présente.

Castel Gandolfo, connu principalement comme résidence d’été des papes, possède également une autre richesse spirituelle : le Collège Mater Ecclesiae. Ici, l’histoire de l’Église rencontre sa réalité missionnaire vivante et actuelle. Pour celles qui y vivent, le collège n’est pas seulement une institution académique, mais avant tout une maison — un lieu de rencontre, de fraternité et de vie partagée.

Le collège accueille des religieuses venues à Rome grâce à des bourses d’études leur permettant de suivre une formation dans les universités pontificales. Elles représentent différents pays, cultures et traditions ecclésiales. Dans cette diversité naît une véritable expérience d’unité, vécue concrètement chaque jour dans la prière commune, les échanges fraternels et la vie quotidienne.

Une mission née du Concile Vatican II

Le Collège Mater Ecclesiae a été fondé en 1976 par le pape Paul VI, dans le contexte du renouveau initié par le Concile Vatican II. Son objectif était de soutenir les jeunes Églises, notamment en Afrique, en Asie et en Océanie, à travers la formation de religieuses appelées à exercer des responsabilités importantes dans leurs communautés.

Le collège n’est pas une université, mais un lieu de vie où la formation intellectuelle s’unit à la formation spirituelle et communautaire.

Aujourd’hui, 131 religieuses provenant de 24 pays et appartenant à 99 congrégations vivent au collège. La majorité d’entre elles viennent des jeunes Églises des pays ad gentes. Cette diversité constitue l’une des plus grandes richesses du lieu et devient un espace de rencontre, d’apprentissage mutuel et de construction de l’unité.

La présence des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver

Au cœur de cette réalité se trouve la présence quotidienne des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver. Leur communauté est elle aussi internationale : elle est composée d’une sœur africaine originaire du Cap-Vert, d’une sœur polonaise et d’une sœur indienne.

Leur mission consiste à accompagner les religieuses dans leur parcours de formation tout en veillant à la vie quotidienne du collège, à son organisation et à l’atmosphère propice à l’étude, à la prière et à la fraternité.

Leur présence s’exprime dans les gestes simples de chaque jour : l’écoute, les conversations, l’accompagnement dans les moments difficiles ou exigeants. C’est une manière concrète de vivre le charisme de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska, qui accordait une grande importance au soutien de l’Église missionnaire et à la formation des femmes dans les pays de mission.

La formation au cœur de la vie du collège

En tant qu’institution dépendant du Dicastère pour l’Évangélisation, le collège a une mission bien précise : soutenir la formation des religieuses appelées à servir dans leurs Églises locales.

Le collège représente ainsi un lieu de transition : entre les études et le retour dans le pays d’origine, entre la formation et la mission, entre la réflexion et le service concret.

La formation occupe une place centrale dans la vie du collège. Chaque année, un thème spirituel accompagne toutes les activités de la communauté. Cette année, les religieuses méditent les paroles de saint Augustin :

« Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi. »

Ce thème ne reste pas un simple slogan, mais devient le fil conducteur de toute l’année. Les sœurs participent notamment à :

  • cinq jours d’exercices spirituels annuels ;
  • une journée mensuelle de recollection et de lectio divina ;
  • des rencontres communautaires régulières ;
  • un travail en dix groupes internationaux.

Des conférences spirituelles et des pèlerinages « sur les traces des saints » sont également organisés deux fois par an.

Une attention particulière est accordée aux jeunes professes, qui bénéficient d’un programme complémentaire consacré à la vie religieuse et aux vœux. Le collège propose aussi un accompagnement psychologique individuel et communautaire assuré par des spécialistes.

La diversité comme richesse spirituelle

La vie du collège est aussi animée par les initiatives des religieuses elles-mêmes. Elles organisent des rencontres culturelles et liturgiques, des journées internationales, des activités communautaires et des temps de fraternité.

La communauté du collège possède un caractère profondément multiculturel et multiethnique. Des religieuses venues de différents continents, avec leurs traditions, leurs langues et leurs manières propres de vivre la foi, y partagent la même vie quotidienne.

Cette diversité devient une expérience spirituelle, un véritable « prophétisme de l’unité » qui naît du vivre-ensemble et du partage des richesses des différentes Églises locales.

La division en dix groupes internationaux permet de vivre cette réalité de manière plus personnelle. Dans ces petits groupes, les sœurs apprennent à s’écouter mutuellement, à partager leur expérience de foi et à s’accompagner dans la vie quotidienne.

Les journées culturelles internationales et les célébrations communes permettent de découvrir la richesse des traditions de l’Église dans les différentes parties du monde.

Ainsi, le collège devient un lieu où l’on peut expérimenter concrètement l’Église universelle : une communauté vivante où la diversité ne divise pas, mais enrichit et conduit à une unité plus profonde dans le Christ.

C’est dans cette vie quotidienne, simple mais profondément riche, que réside la force particulière de ce lieu.

Sœur Genowefa Kudlik SSPC

Les hauts et les basd’une route

Notre paroisse d’Amakuriat, située dans une petite ville du nord-ouest du Kenya, est dédiée à Notre-Dame de la Paix. Nous vivons parmi le peuple Pokot, dans une région montagneuse à environ 1600 mètres d’altitude, où le climat est particulièrement agréable.

Notre communauté est composée de quatre missionnaires comboniens venant de différents horizons : un Soudanais, un Kenyan, un Mexicain et moi-même, originaire de Palencia, en Espagne. À proximité se trouve également une communauté de cinq sœurs comboniennes qui assurent la gestion du dispensaire et participent activement à la pastorale. Depuis quelques mois, trois missionnaires laïcs comboniens se sont aussi installés dans l’une de nos chapelles, à Chelopoy.

Comme missionnaires consacrés au Seigneur, nos journées commencent tôt par la prière communautaire et la célébration de l’Eucharistie.

À la découverte du peuple Pokot

Même si je suis arrivé récemment, j’apprends déjà beaucoup sur la culture et le mode de vie du peuple Pokot. Chaque mercredi, lorsque cela est possible, je me rends au grand marché local. C’est un lieu vivant où l’on peut acheter, vendre, échanger… mais surtout observer et apprendre.

Traditionnellement, les Pokot vivent de l’élevage, qui demeure leur principale source de revenus. Depuis quelques années, ils développent également l’agriculture afin de compléter leurs ressources. Ce sont des personnes accueillantes et chaleureuses, attachées à leurs traditions et à une vie simple, même si la région a connu par le passé plusieurs conflits liés au bétail avec les peuples voisins du Kenya et de l’Ouganda.

La famille élargie joue un rôle important dans la société Pokot. Les femmes portent une grande partie des responsabilités familiales et s’occupent des enfants ainsi que des tâches quotidiennes les plus difficiles. Dans de nombreuses familles, tous les enfants ne peuvent pas aller à l’école, certains étant chargés de garder les troupeaux.

Une région en développement

Pendant longtemps, cette région est restée isolée et peu développée. Aujourd’hui, les autorités locales et nationales investissent progressivement dans la construction d’écoles, de dispensaires et de puits d’eau dans les différentes communautés.

Le principal défi reste toutefois l’accès routier. La route menant à Amakuriat est encore en très mauvais état, rendant les déplacements difficiles et limitant les visites extérieures. Certaines tentatives de modernisation ont rencontré des résistances, plusieurs habitants craignant que l’arrivée de personnes extérieures ne fragilise leurs traditions culturelles.

Une mission au service des communautés

Notre paroisse couvre un vaste territoire et accompagne 53 petites communautés chrétiennes dispersées dans la région. Certaines sont situées à plus de trois heures de route sur des pistes difficiles d’accès.

Chaque semaine, les missionnaires partent à deux pour visiter ces communautés, partager la vie des habitants, célébrer les sacrements et soutenir la foi des familles.

Afin d’assurer un meilleur accompagnement pastoral, une nouvelle paroisse devrait prochainement être créée sur une partie de notre territoire et confiée à une autre congrégation missionnaire.

« Faire le bien » à la manière du Christ

Notre mission première est l’évangélisation à travers la présence, l’écoute et le service. Nous voulons suivre l’exemple de Jésus-Christ qui, tout en annonçant la Parole de Dieu, « passait en faisant le bien ».

C’est précisément ce que nous essayons de vivre chaque jour à Amakuriat.

En plus des célébrations liturgiques et de la catéchèse, nous développons plusieurs initiatives concrètes :

  • gestion d’un petit dispensaire ;
  • construction et soutien des écoles ;
  • accompagnement scolaire des enfants et des jeunes ;
  • aide aux enfants en situation de handicap ;
  • formation des catéchistes et des responsables locaux ;
  • rencontres pour promouvoir les valeurs chrétiennes dans les familles ;
  • gestion d’une boulangerie qui fournit le pain quotidien à la population.

Nous bénéficions également de la présence d’un frère combonien spécialisé dans la recherche de points d’eau et le forage de puits pour les communautés locales.

Enfin, en janvier dernier, nous avons ouvert une petite maison d’accueil de quinze lits ainsi qu’un restaurant, dont les revenus contribuent au financement des activités de la paroisse.

P. Juan Manuel Labajo Pejenaute

Servir change le cœur

Mauricio, Alan et Brenda racontent leur aventure —
une histoire de joie et de petits pas vers Dieu.

K : Bonjour ! Je vois que vous servez tous à la messe.
Pouvez-vous vous présenter et dire pourquoi vous êtes devenus servants de messe ?

M : Je m’appelle Mauricio, j’ai 10 ans et je suis servant de messe depuis un an et demi.
Cette année, je commence la préparation à la première communion. Et ça, c’est mon frère Alan.

A : Oui, moi c’est Alan. J’ai 7 ans et je suis servant d’autel depuis quatre mois, comme mon frère.

B : Moi, je m’appelle Brenda. Je suis servante de messe depuis trois ans. Et l’année prochaine, je vais faire ma première communion. J’ai commencé à venir aux rencontres parce qu’on m’a invitée… et j’ai tout de suite aimé !

K : Qu’est-ce que tu as le plus aimé ?

B : Verser le vin et l’eau dans les burettes et les donner au prêtre pendant la messe. Et aussi… avant, j’étais très timide. Maintenant, je suis plus courageuse grâce aux servants de messe !

K : Et vous, les garçons ?

M : Moi, je me sens simplement bien de servir Dieu.

A : Moi, j’aime remercier pour tout ce que j’ai. Et puis, le mercredi c’est super : je vais à l’école, et ensuite je peux aller à la messe !

M : Oui ! Maintenant j’ai toujours quelque chose à faire, je ne m’ennuie pas. Chaque jour, il se passe quelque chose à l’église : la catéchèse, la messe, ou je viens aider… préparer le charbon pour l’encens, changer l’eau, ou aider l’oncle Mario.

K : Qui est l’oncle Mario ?

B : C’est le responsable des servants d’autel. Il nous explique tout et nous apprend à bien servir la messe. Et c’est lui qui utilise l’encens, parce qu’il est plus grand et plus fort que nous.

K : Comment vous vous sentez pendant la messe ?

B : Très bien !

M : Ce que je préfère, c’est être si proche de Dieu. Ce n’est pas difficile, il faut juste être attentif.

A : Chanter, c’est difficile…

K : Justement, qu’est-ce qui vous semble le plus difficile ?

B : La semaine dernière, le prêtre nous a apporté de nouvelles clochettes. Maintenant, on apprend à en jouer. C’est un peu difficile, parce qu’il ne faut pas se tromper et il faut tous sonner au même rythme.

M : Moi, ce qui est difficile, c’est que je dois laver mon aube tout seul et nettoyer mes chaussures à la maison. Je dois me souvenir de beaucoup de choses. Le plus important, c’est de ne pas oublier la lessive !

Une fois, j’ai oublié mon aube et mon chapelet à l’église. Je n’avais rien pour prier pendant deux jours… et j’ai dû servir avec une aube sale. Je dois entraîner ma mémoire… et mon attention !

Une fois aussi, en portant une bougie, de la cire est tombée sur moi. Une autre fois, j’ai soufflé trop fort et j’ai éclaboussé l’autel… J’ai trop de force dans les poumons !

A : Moi, une fois, je suis tombé pendant la messe. Mon aube est un peu trop grande, je l’ai marchée dessus et je suis tombé. Mais je ne me suis pas fait mal ! Je me suis relevé tout seul !

K : Vous rencontrez parfois d’autres servants d’autel ?

B : Oui ! Et nous sommes très amis. Parfois, on doit être sérieux… mais c’est difficile de ne pas rire !

J’aime surtout quand les servants d’Obligado viennent chez nous ou quand nous allons chez eux. On joue ensemble, on joue au football et on parle.

M : Pendant ces rencontres, l’oncle Mario nous explique toujours
comment bien servir. La dernière fois, il nous a montré comment porter la croix en procession.

A : Et bientôt, on va se revoir !

K : Y a-t-il une différence entre votre service ici et à Obligado ?

M : Je ne pense pas…

B : Moi, je vois une différence ! Une fois, quand nous sommes allés à Obligado, j’ai eu très peur. Quand je me suis agenouillée… le prie-Dieu s’est enfoncé !

Après, j’ai compris que certains sont rembourrés avec une mousse douce. Je n’avais jamais vu ça ! Chez nous, ils sont durs et en bois. Et aussi… leur statue du Christ est énorme !

K : Pour finir, qu’aimeriez-vous dire aux autres enfants ?

B : Soyez persévérants. Ce qui est difficile maintenant deviendra plus facile plus tard. Et vous gagnerez la confiance de Jésus. Alors Il vous apprendra à faire de grandes choses !

A : Comportez-vous bien, écoutez et remerciez Dieu chaque jour !

M : Soyez attentifs pendant la messe. Si quelqu’un se déconcentre, il peut s’éloigner de Dieu.
Il ne faut jamais s’éloigner de Lui !

K : Merci beaucoup pour cette rencontre !

Katarzyna Parnicka
(missionnaire laïque au Paraguay)

Uruguay – une présence missionnaire au service de l’Église

L’histoire de la présence des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver en Uruguay est née de rencontres simples, de la catéchèse et de personnes ouvertes à l’esprit missionnaire. À partir d’une petite chapelle située dans le quartier de Pocitos à Montevideo, une œuvre missionnaire s’est progressivement développée jusqu’à toucher presque tout le pays. C’est une histoire de foi née dans le cœur des personnes, de service discret et de zèle missionnaire qui, au fil des décennies, a marqué la vie de nombreuses familles.

Les débuts : une terre préparée par l’Esprit

Les origines de la présence des sœurs clariennes en Uruguay s’inscrivent dans le vaste mouvement d’évangélisation et de promotion humaine qui a marqué l’histoire de l’Église uruguayenne depuis la fin du XIXe siècle. À Montevideo mûrissait déjà une expérience ecclésiale qui préparait peu à peu le terrain à une présence missionnaire stable.

À cette époque, le quartier de Pocitos était caractérisé par des terrains encore peu développés, des familles modestes et une grande pauvreté matérielle et spirituelle. La première présence pastorale permanente remonte à 1890 avec la création de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, dont dépendait également le secteur de Pocitos Nuevo.

En 1928, les premières célébrations liturgiques commencèrent dans un modeste bâtiment aménagé en chapelle. Parallèlement, les catéchistes de la Société Saint-Vincent-de-Paul développaient une intense activité catéchétique auprès des enfants et des familles, dont beaucoup ne connaissaient pas encore les bases de la foi chrétienne. C’est ainsi qu’est née l’École de Religion, véritable cœur vivant de la future chapelle Saint-Alexandre.

En 1932, le bâtiment fut agrandi et, après plusieurs difficultés initiales, la chapelle fut solennellement bénie en 1935 par l’archevêque de Montevideo, Mgr Juan Francisco Aragone. Elle devint dès lors un centre important de la vie spirituelle et sociale du quartier.

La rencontre avec les Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver

Le premier contact direct de notre Congrégation avec l’Uruguay eut lieu en 1928, lorsque les sœurs Juana Schumacher et Asunción Pérez arrivèrent à Montevideo pour promouvoir l’animation missionnaire. Elles rencontrèrent de nombreuses personnes sensibles à l’esprit missionnaire et intéressées par nos revues et le Calendrier Clarien.

En 1936, Madame Manuela Ambroy, profondément engagée dans la cause missionnaire, s’abonna à nos publications et prit ensuite la responsabilité du bureau d’animation missionnaire en suivant les conseils des sœurs de Buenos Aires. Avec Monsieur Buxareo, devenu lui aussi un collaborateur infatigable, elle œuvra avec détermination pour permettre aux sœurs de s’établir définitivement en Uruguay.

Une présence permanente

Une opportunité se présenta alors pour que la communauté s’installe dans le quartier de Pocitos et prenne en charge la chapelle Saint-Alexandre. Ainsi, le 26 février 1940, la Mère Maria Julia Falkenhayn arriva en Uruguay avec sa secrétaire, sœur Waleria Bielak, inaugurant officiellement la présence permanente des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver dans le pays.

Les sœurs reçurent la responsabilité de la chapelle Saint-Alexandre ainsi que des terrains adjacents, tandis qu’un modeste bâtiment servait de première maison communautaire.

Avec passion, elles se consacrèrent à la catéchèse paroissiale, formant des générations d’enfants, de jeunes et de familles dans la foi chrétienne. Autour de cette mission fondamentale naquirent de nombreuses initiatives unissant travail, prière et esprit missionnaire : une imprimerie, un atelier de couture à caractère missionnaire, la fabrication d’hosties et bien d’autres activités.

Parallèlement, un internat pour jeunes filles se développa, offrant accueil, formation humaine et chrétienne ainsi qu’un accompagnement vocationnel. Très rapidement, la maison devint un véritable centre de rayonnement spirituel et missionnaire.

Une mission pour tout le pays

L’action des sœurs dépassa largement les frontières de Montevideo. Animées d’un infatigable esprit missionnaire, elles parcouraient tout l’Uruguay, visitant les familles de maison en maison afin de parler des missions et de sensibiliser à la dimension universelle de l’Église.

Grâce à cette présence, nos revues missionnaires entrèrent dans presque tous les foyers du pays. Des générations entières grandirent en lisant El Negrito et Eco de las Misiones — version uruguayenne de L’Écho d’Afrique et des autres continents — devenus de précieux instruments de formation et d’ouverture au monde missionnaire.

Une attention particulière était portée aux régions les plus pauvres de l’intérieur du pays, où les sœurs apportaient vêtements, nourriture et aide concrète, offerts par les habitants du quartier de Pocitos, révélant ainsi le visage miséricordieux du Christ.

De nouvelles perspectives missionnaires

En avril 2006, la chapelle Saint-Alexandre fut élevée au rang de paroisse sous le nom de paroisse Saint-Alexandre et Saint Pierre Claver. Les sœurs poursuivirent avec le même engagement leur service pastoral tant dans la paroisse que dans les régions de l’intérieur du pays.

L’année 2018 ouvrit une nouvelle étape de la présence clarienne en Uruguay. Grâce à l’acquisition d’une nouvelle maison dans un autre quartier de Montevideo, la communauté put s’intégrer plus profondément dans les structures missionnaires diocésaines et nationales, renforçant sa collaboration avec l’Église locale ainsi que l’animation missionnaire dans tout le pays.

Depuis janvier 2026, l’une des sœurs de notre communauté exerce également la fonction de directrice nationale des Œuvres Pontificales Missionnaires, renforçant encore davantage la coopération missionnaire de l’Église dans cette région d’Amérique latine.

Une histoire qui continue

L’histoire des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver en Uruguay est une histoire de foi vécue, de passion missionnaire et de service silencieux. Elle demeure inscrite dans le cœur des personnes rencontrées, des familles visitées, des enfants accompagnés et des jeunes femmes soutenues sur leur chemin de vie.

C’est une histoire qui continue aujourd’hui encore, appelée à se renouveler sans cesse avec le même feu missionnaire qu’à ses origines, afin d’annoncer l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre.

Sœur Jolanta Płomińska SSPC

Le souffle de l’Espritau Japon

Au Japon, l’école où j’ai enseigné et assuré la direction est devenue mon principal lieu d’apostolat. Située dans l’unique paroisse catholique de Koriyama, une ville de plus de 250 000 habitants au nord de Tokyo, notre école accueillait, dans ses années les plus prospères, près de mille élèves, dont une trentaine seulement étaient chrétiens.

Parce que l’établissement était officiellement reconnu comme école catholique, nous avions l’autorisation d’enseigner la Bible et de transmettre les valeurs chrétiennes. L’école n’était pas un lieu de « conversion forcée », mais un espace où l’on faisait découvrir Jésus, son message d’amour, et où l’on apprenait à prier, à respecter les autres et à vivre dans la bienveillance.

Des cours de Bible étaient également proposés aux parents et aux enseignants. Grâce à cette présence discrète mais constante de l’Évangile, plusieurs familles ont découvert la foi chrétienne.

Le témoignage plus fort que les paroles

Évangéliser ne signifie pas seulement parler de Dieu. Bien sûr, j’ai enseigné la Bible à des enfants, des adolescents et des adultes, mais toujours avec le désir d’incarner concrètement le message du Christ : partage avec les plus pauvres, pardon, respect des différences et accueil de chacun.

Au Japon, le témoignage vécu a une importance particulière.

Un jour, une ancienne élève, à qui j’avais proposé un poste d’enseignante dans notre école, est venue m’annoncer qu’elle avait finalement accepté un emploi dans une école publique, sans m’en avertir auparavant. J’étais profondément déçue, mais je lui ai simplement répondu :

« Si tu penses que tu y seras heureuse, va en paix. Ma prière t’accompagne. »

Plus tard, sa mère, qui suivait depuis longtemps des cours de préparation au baptême sans jamais oser franchir le pas, demanda finalement à devenir chrétienne. Elle expliqua :

« La réaction de la Sœur Directrice m’a bouleversée. Seuls ceux qui croient vraiment en Jésus peuvent agir ainsi. Moi aussi, je veux suivre cette voie. »

Ce fut pour moi un véritable moment de grâce.

L’Esprit de Dieu au cœur de tous

Les enseignants de l’école avaient des horaires très chargés. Après une session biblique d’été, plusieurs professeurs demandèrent à approfondir davantage leur découverte de la Bible. Comme il était impossible d’ajouter de nouveaux cours à leur emploi du temps, ils trouvèrent eux-mêmes une solution :

Chaque matin, avant le début des cours, un passage de la Bible était lu lors de la rencontre des professeurs, suivi d’une courte prière inspirée du texte.

Au départ, cette mission était confiée à une enseignante catholique. Mais un jour, en son absence, personne n’osait prendre la parole. Je leur ai alors dit :

« L’Esprit de Jésus habite le cœur de chacun. Pourquoi ne pas prier à tour de rôle ? »

Et c’est ainsi qu’est née une magnifique tradition.

La Bible, visiteuse de chaque maison

Pendant plusieurs années, la Bible circula de bureau en bureau, de maison en maison. Catholiques, protestants, bouddhistes ou shintoïstes emportaient tour à tour le Livre saint chez eux afin de préparer la lecture et la prière du lendemain.

Chaque matin, nous entendions des prières simples, profondes et pleines de sens, inspirées à la fois par l’Évangile, les saisons, la vie de l’école et les événements du monde.

Peu à peu, les cœurs changeaient. Les enseignants apprenaient à mieux se connaître, à s’aimer davantage, et cette atmosphère rejaillissait naturellement sur les enfants.

Pour moi, chacun de ces matins ressemblait à un matin de Pâques.

Oui, le Japon m’a évangélisée.

Sœur Louisa Nicole, m.i.c.

Ma vie est une mission

Luis Alejandro est un missionnaire en Amazonie, au Venezuela. Son histoire nous montre quelque chose de beau : chaque chrétien a une mission !

Luis a découvert son appel à 15 ans, pendant des camps de jeunes. En voyant d’autres aider les malades et les plus pauvres, il a dit « oui » dans son cœur. Plus tard, sa formation aux Œuvres Pontificales Missionnaires l’a aidé à grandir dans la foi et à se préparer aux défis de la mission. Peu à peu, une phrase est devenue son guide :
« Ma vie est une mission. »

Entre 2018 et 2019, il a vécu presque deux ans en Amazonie avec le peuple Yanomami
Là-bas, il a compris quelque chose de très important :
la mission, c’est d’abord être avec les autres.

Il aidait de différentes manières : à l’école, dans la vie quotidienne, auprès des familles. Il a appris que l’on annonce Jésus non seulement avec des mots, mais surtout avec des gestes simples, pleins d’amour et de service.

Luis a rencontré Dieu dans des moments tout simples, avec les enfants et pendant la prière. Il a aussi vécu des difficultés, qui lui ont appris la patience et le respect des traditions. Il gardait toujours confiance :
Dieu est au milieu de nous.

Un moment l’a profondément marqué : le Vendredi Saint 2019. En voyant une femme malade, il a reconnu le visage de Jésus souffrant. Il a alors compris que la mission, c’est rencontrer Jésus dans les autres.

Aujourd’hui, sa mission continue autrement. Il essaie chaque jour de vivre cette phrase :
« Ma vie est une mission »,
et il encourage les autres à devenir, eux aussi, des disciples missionnaires.

Son message est simple et beau :
 – Aller vers les autres
 – Partager la joie de l’Évangile
 – Et ne pas avoir peur d’aimer

Car chacun de nous peut être missionnaire : en aidant, en partageant ou en priant.

Luis Alejandro Blanca