Italie – Une maison de l’Église universelle

Le Collège Mater Ecclesiae de Castel Gandolfo est un lieu de formation pour des religieuses venues du monde entier, où la vie quotidienne devient une véritable expérience de l’Église universelle. Sœur Genowefa Kudlik SSPC, directrice du collège, nous partage la réalité de cette maison ainsi que la mission de la communauté internationale des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver qui y est présente.

Castel Gandolfo, connu principalement comme résidence d’été des papes, possède également une autre richesse spirituelle : le Collège Mater Ecclesiae. Ici, l’histoire de l’Église rencontre sa réalité missionnaire vivante et actuelle. Pour celles qui y vivent, le collège n’est pas seulement une institution académique, mais avant tout une maison — un lieu de rencontre, de fraternité et de vie partagée.

Le collège accueille des religieuses venues à Rome grâce à des bourses d’études leur permettant de suivre une formation dans les universités pontificales. Elles représentent différents pays, cultures et traditions ecclésiales. Dans cette diversité naît une véritable expérience d’unité, vécue concrètement chaque jour dans la prière commune, les échanges fraternels et la vie quotidienne.

Une mission née du Concile Vatican II

Le Collège Mater Ecclesiae a été fondé en 1976 par le pape Paul VI, dans le contexte du renouveau initié par le Concile Vatican II. Son objectif était de soutenir les jeunes Églises, notamment en Afrique, en Asie et en Océanie, à travers la formation de religieuses appelées à exercer des responsabilités importantes dans leurs communautés.

Le collège n’est pas une université, mais un lieu de vie où la formation intellectuelle s’unit à la formation spirituelle et communautaire.

Aujourd’hui, 131 religieuses provenant de 24 pays et appartenant à 99 congrégations vivent au collège. La majorité d’entre elles viennent des jeunes Églises des pays ad gentes. Cette diversité constitue l’une des plus grandes richesses du lieu et devient un espace de rencontre, d’apprentissage mutuel et de construction de l’unité.

La présence des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver

Au cœur de cette réalité se trouve la présence quotidienne des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver. Leur communauté est elle aussi internationale : elle est composée d’une sœur africaine originaire du Cap-Vert, d’une sœur polonaise et d’une sœur indienne.

Leur mission consiste à accompagner les religieuses dans leur parcours de formation tout en veillant à la vie quotidienne du collège, à son organisation et à l’atmosphère propice à l’étude, à la prière et à la fraternité.

Leur présence s’exprime dans les gestes simples de chaque jour : l’écoute, les conversations, l’accompagnement dans les moments difficiles ou exigeants. C’est une manière concrète de vivre le charisme de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska, qui accordait une grande importance au soutien de l’Église missionnaire et à la formation des femmes dans les pays de mission.

La formation au cœur de la vie du collège

En tant qu’institution dépendant du Dicastère pour l’Évangélisation, le collège a une mission bien précise : soutenir la formation des religieuses appelées à servir dans leurs Églises locales.

Le collège représente ainsi un lieu de transition : entre les études et le retour dans le pays d’origine, entre la formation et la mission, entre la réflexion et le service concret.

La formation occupe une place centrale dans la vie du collège. Chaque année, un thème spirituel accompagne toutes les activités de la communauté. Cette année, les religieuses méditent les paroles de saint Augustin :

« Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi. »

Ce thème ne reste pas un simple slogan, mais devient le fil conducteur de toute l’année. Les sœurs participent notamment à :

  • cinq jours d’exercices spirituels annuels ;
  • une journée mensuelle de recollection et de lectio divina ;
  • des rencontres communautaires régulières ;
  • un travail en dix groupes internationaux.

Des conférences spirituelles et des pèlerinages « sur les traces des saints » sont également organisés deux fois par an.

Une attention particulière est accordée aux jeunes professes, qui bénéficient d’un programme complémentaire consacré à la vie religieuse et aux vœux. Le collège propose aussi un accompagnement psychologique individuel et communautaire assuré par des spécialistes.

La diversité comme richesse spirituelle

La vie du collège est aussi animée par les initiatives des religieuses elles-mêmes. Elles organisent des rencontres culturelles et liturgiques, des journées internationales, des activités communautaires et des temps de fraternité.

La communauté du collège possède un caractère profondément multiculturel et multiethnique. Des religieuses venues de différents continents, avec leurs traditions, leurs langues et leurs manières propres de vivre la foi, y partagent la même vie quotidienne.

Cette diversité devient une expérience spirituelle, un véritable « prophétisme de l’unité » qui naît du vivre-ensemble et du partage des richesses des différentes Églises locales.

La division en dix groupes internationaux permet de vivre cette réalité de manière plus personnelle. Dans ces petits groupes, les sœurs apprennent à s’écouter mutuellement, à partager leur expérience de foi et à s’accompagner dans la vie quotidienne.

Les journées culturelles internationales et les célébrations communes permettent de découvrir la richesse des traditions de l’Église dans les différentes parties du monde.

Ainsi, le collège devient un lieu où l’on peut expérimenter concrètement l’Église universelle : une communauté vivante où la diversité ne divise pas, mais enrichit et conduit à une unité plus profonde dans le Christ.

C’est dans cette vie quotidienne, simple mais profondément riche, que réside la force particulière de ce lieu.

Sœur Genowefa Kudlik SSPC

Uruguay – une présence missionnaire au service de l’Église

L’histoire de la présence des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver en Uruguay est née de rencontres simples, de la catéchèse et de personnes ouvertes à l’esprit missionnaire. À partir d’une petite chapelle située dans le quartier de Pocitos à Montevideo, une œuvre missionnaire s’est progressivement développée jusqu’à toucher presque tout le pays. C’est une histoire de foi née dans le cœur des personnes, de service discret et de zèle missionnaire qui, au fil des décennies, a marqué la vie de nombreuses familles.

Les débuts : une terre préparée par l’Esprit

Les origines de la présence des sœurs clariennes en Uruguay s’inscrivent dans le vaste mouvement d’évangélisation et de promotion humaine qui a marqué l’histoire de l’Église uruguayenne depuis la fin du XIXe siècle. À Montevideo mûrissait déjà une expérience ecclésiale qui préparait peu à peu le terrain à une présence missionnaire stable.

À cette époque, le quartier de Pocitos était caractérisé par des terrains encore peu développés, des familles modestes et une grande pauvreté matérielle et spirituelle. La première présence pastorale permanente remonte à 1890 avec la création de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, dont dépendait également le secteur de Pocitos Nuevo.

En 1928, les premières célébrations liturgiques commencèrent dans un modeste bâtiment aménagé en chapelle. Parallèlement, les catéchistes de la Société Saint-Vincent-de-Paul développaient une intense activité catéchétique auprès des enfants et des familles, dont beaucoup ne connaissaient pas encore les bases de la foi chrétienne. C’est ainsi qu’est née l’École de Religion, véritable cœur vivant de la future chapelle Saint-Alexandre.

En 1932, le bâtiment fut agrandi et, après plusieurs difficultés initiales, la chapelle fut solennellement bénie en 1935 par l’archevêque de Montevideo, Mgr Juan Francisco Aragone. Elle devint dès lors un centre important de la vie spirituelle et sociale du quartier.

La rencontre avec les Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver

Le premier contact direct de notre Congrégation avec l’Uruguay eut lieu en 1928, lorsque les sœurs Juana Schumacher et Asunción Pérez arrivèrent à Montevideo pour promouvoir l’animation missionnaire. Elles rencontrèrent de nombreuses personnes sensibles à l’esprit missionnaire et intéressées par nos revues et le Calendrier Clarien.

En 1936, Madame Manuela Ambroy, profondément engagée dans la cause missionnaire, s’abonna à nos publications et prit ensuite la responsabilité du bureau d’animation missionnaire en suivant les conseils des sœurs de Buenos Aires. Avec Monsieur Buxareo, devenu lui aussi un collaborateur infatigable, elle œuvra avec détermination pour permettre aux sœurs de s’établir définitivement en Uruguay.

Une présence permanente

Une opportunité se présenta alors pour que la communauté s’installe dans le quartier de Pocitos et prenne en charge la chapelle Saint-Alexandre. Ainsi, le 26 février 1940, la Mère Maria Julia Falkenhayn arriva en Uruguay avec sa secrétaire, sœur Waleria Bielak, inaugurant officiellement la présence permanente des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver dans le pays.

Les sœurs reçurent la responsabilité de la chapelle Saint-Alexandre ainsi que des terrains adjacents, tandis qu’un modeste bâtiment servait de première maison communautaire.

Avec passion, elles se consacrèrent à la catéchèse paroissiale, formant des générations d’enfants, de jeunes et de familles dans la foi chrétienne. Autour de cette mission fondamentale naquirent de nombreuses initiatives unissant travail, prière et esprit missionnaire : une imprimerie, un atelier de couture à caractère missionnaire, la fabrication d’hosties et bien d’autres activités.

Parallèlement, un internat pour jeunes filles se développa, offrant accueil, formation humaine et chrétienne ainsi qu’un accompagnement vocationnel. Très rapidement, la maison devint un véritable centre de rayonnement spirituel et missionnaire.

Une mission pour tout le pays

L’action des sœurs dépassa largement les frontières de Montevideo. Animées d’un infatigable esprit missionnaire, elles parcouraient tout l’Uruguay, visitant les familles de maison en maison afin de parler des missions et de sensibiliser à la dimension universelle de l’Église.

Grâce à cette présence, nos revues missionnaires entrèrent dans presque tous les foyers du pays. Des générations entières grandirent en lisant El Negrito et Eco de las Misiones — version uruguayenne de L’Écho d’Afrique et des autres continents — devenus de précieux instruments de formation et d’ouverture au monde missionnaire.

Une attention particulière était portée aux régions les plus pauvres de l’intérieur du pays, où les sœurs apportaient vêtements, nourriture et aide concrète, offerts par les habitants du quartier de Pocitos, révélant ainsi le visage miséricordieux du Christ.

De nouvelles perspectives missionnaires

En avril 2006, la chapelle Saint-Alexandre fut élevée au rang de paroisse sous le nom de paroisse Saint-Alexandre et Saint Pierre Claver. Les sœurs poursuivirent avec le même engagement leur service pastoral tant dans la paroisse que dans les régions de l’intérieur du pays.

L’année 2018 ouvrit une nouvelle étape de la présence clarienne en Uruguay. Grâce à l’acquisition d’une nouvelle maison dans un autre quartier de Montevideo, la communauté put s’intégrer plus profondément dans les structures missionnaires diocésaines et nationales, renforçant sa collaboration avec l’Église locale ainsi que l’animation missionnaire dans tout le pays.

Depuis janvier 2026, l’une des sœurs de notre communauté exerce également la fonction de directrice nationale des Œuvres Pontificales Missionnaires, renforçant encore davantage la coopération missionnaire de l’Église dans cette région d’Amérique latine.

Une histoire qui continue

L’histoire des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver en Uruguay est une histoire de foi vécue, de passion missionnaire et de service silencieux. Elle demeure inscrite dans le cœur des personnes rencontrées, des familles visitées, des enfants accompagnés et des jeunes femmes soutenues sur leur chemin de vie.

C’est une histoire qui continue aujourd’hui encore, appelée à se renouveler sans cesse avec le même feu missionnaire qu’à ses origines, afin d’annoncer l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre.

Sœur Jolanta Płomińska SSPC

Obuntu : voyage de joie et de gratitude

PAYS-BAS / OUGANDA. Sœur Caroline Namujju, originaire d’Ouganda, partage son expérience de vocation dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver. Elle évoque l’esprit d’ubuntu – une sagesse africaine de la vie en communauté – qui l’a accompagnée tout au long de sa formation jusqu’à la profession de ses vœux perpétuels.

L’esprit d’ubuntu sur le chemin de la vocation

Lorsque je m’arrête un instant pour réfléchir à mon chemin dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver, le mot ubuntu semble résumer la profonde joie que je ressens dans mon cœur. Depuis que j’ai rejoint cette communauté religieuse en 2013, j’ai été entourée de l’esprit d’ubuntu — ce qui, dans un beau proverbe africain, signifie :
Je suis ce que je suis parce que nous sommes ce que nous sommes.

Cette attitude de vie a non seulement guidé ma formation religieuse, mais elle est aussi devenue une source de force grâce à laquelle j’ai grandi avec mes sœurs. Nous nous sommes soutenues mutuellement et avons découvert que nos chemins personnels sont liés à travers des expériences partagées.

Vœux perpétuels – un jour de gratitude

Le 8 décembre 2025, j’ai eu la grâce de célébrer en Ouganda la profession de mes vœux perpétuels, entourée de ma famille et de mes amis. Ce jour a été un magnifique aboutissement de douze années de croissance et de don de soi — un jour rempli de joie, où tous ont participé avec moi à ma promesse de dire pour toujours mon fiat : qu’il me soit fait.

Ce fut un jour qui a confirmé les liens d’amour et de soutien au sein de notre famille claverienne.

L’esprit d’ubuntu m’a unie à mes sœurs et je suis reconnaissante pour chaque moment partagé, chaque prière et chaque chemin parcouru ensemble. En avançant, j’emporte avec moi ces valeurs, sachant qu’elles continueront à guider et à fortifier non seulement ma vie, mais aussi celle de tous ceux qui font partie de notre famille religieuse.

Avec gratitude et joie, je célèbre ce chemin — un chemin enrichi par le lien qui m’unit à chacun de vous. Merci de faire partie de mon histoire. Merci d’incarner l’esprit d’ubuntu dans notre vie commune.

Sœur Caroline Namujju SSPC
d’Ouganda, actuellement dans la communauté claverienne de Maastricht, aux Pays-Bas.

La famille de St-Pierre Claver en Autriche

AUTRICHE. Dans la Maison Missionnaire Maria Sorg, près de Salzbourg, le cœur missionnaire de la Congrégation bat depuis plus de cent ans. C’est ici que sont nées de nombreuses initiatives en faveur de l’évangélisation en Afrique et sur d’autres continents. Aujourd’hui, une communauté internationale de sœurs sert les missions avec zèle et engagement, par la prière, le travail et l’animation missionnaire.

Histoire de Maria Sorg

Les débuts de la communauté à Maria Sorg sont étroitement liés à l’histoire de la Congrégation en Autriche. Il s’agit de la première maison acquise en 1897 par la bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska comme siège de la Congrégation et centre de l’apostolat missionnaire. Dès l’année suivante, une imprimerie missionnaire y fut fondée.

Les sœurs publiaient des revues destinées aux adultes, aux jeunes et aux enfants, afin de les sensibiliser aux besoins des missions, notamment Echo d’Afrique, la Petite Bibliothèque Africaine et des calendriers missionnaires en six langues européennes, tirés à des centaines de milliers d’exemplaires.

On y imprimait également des livres en langues africaines – catéchismes, extraits de la Sainte Écriture, livres de prière – souvent les premières publications dans ces langues. Aujourd’hui, ces ouvrages peuvent être admirés dans le musée missionnaire de Maria Sorg.

En 1938, après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, l’activité fut interrompue et les sœurs durent quitter la maison. Après la guerre, les œuvres n’ont plus retrouvé leur ampleur d’autrefois. Aujourd’hui encore, les revues sont imprimées à Salzbourg.

La communauté aujourd’hui

La communauté actuelle est composée de huit sœurs et d’une sodale – une laïque entièrement consacrée aux missions. Elle est internationale : trois sœurs viennent de Pologne, trois d’Inde, une des Pays-Bas et une d’Autriche. La sodale est également autrichienne, originaire de Loosdorf, lieu de naissance de la Fondatrice.

La diversité des cultures, des âges et des expériences enrichit notre vie commune. Ce qui nous unit, c’est la foi et l’amour de Jésus-Christ, scellés par les vœux religieux. Dans l’Eucharistie et la prière, nous trouvons la force de rester fidèles à notre vocation et de servir les missions selon le charisme de la bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska.

Chacune sert les missions selon ses possibilités. Deux sœurs s’occupent de la rédaction de revues missionnaires : sœur Paula publie Afrika für Christus en allemand, et sœur Jeanine édite Echo d’Afrique en néerlandais ainsi que la revue pour enfants Ailleurs, les enfants vivent autrement. Sœur Rosily est responsable de l’expédition des revues et de la correspondance avec les bienfaiteurs.

À l’automne, nous visitons les paroisses pour éveiller le sens de la coresponsabilité missionnaire. Nous y proposons nos revues, calendriers et autres supports pour soutenir l’évangélisation.

Animation missionnaire et musée

Sœur Rosily visite également les écoles, où elle présente, pendant les cours de religion, la situation des enfants en Inde. Ces rencontres suscitent beaucoup d’intérêt et aident les jeunes à découvrir le monde des missions.

Nos deux musées – le musée de la Fondatrice et de la Congrégation ainsi que le musée missionnaire – attirent également de nombreux visiteurs. Les visites sont souvent accompagnées d’un temps de prière dans la chapelle, ainsi que d’une découverte de la chapelle historique de Notre-Dame du Blé (1683) et du cimetière des sœurs.

La Maison Missionnaire est aussi un lieu de formation : des conseils paroissiaux s’y réunissent, des candidats au diaconat permanent y sont formés, et des retraites pour enfants y sont organisées. En été, des scouts de France et de Belgique séjournent dans le jardin.

Collaboration avec les laïcs

Ces dernières années, notamment à l’occasion du centenaire de la mort de la bienheureuse Marie-Thérèse, l’intérêt pour sa personne a grandi en Autriche. Un groupe de laïcs s’est formé pour faire connaître sa spiritualité et son œuvre missionnaire à travers diverses initiatives.

Cette collaboration a porté de beaux fruits : films télévisés, publications, un symposium scientifique à Salzbourg, expositions et concerts – également en dehors de l’Autriche. De plus en plus de personnes découvrent l’héritage spirituel de la Fondatrice.

Nous continuons à prier pour de nouvelles vocations – pour des cœurs prêts à appartenir totalement au Christ et à être ses témoins, aux extrémités de la terre comme là où la foi s’affaiblit.

Nous ne perdons pas l’espérance. Notre force vient des paroles de la bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska :
« L’amour du Christ nous pousse à accomplir des œuvres de miséricorde, même au-delà des frontières de notre propre pays. »

Sœur Urszula Lorek, SSPC

La famille de St-pierre Claver en italie

ITALIE. L’histoire de la maison clarétienne de Trente remonte aux débuts mêmes de l’œuvre de la bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska. Depuis plus de cent ans, ce lieu est un espace de prière, d’animation missionnaire et de collaboration vivante entre sœurs et laïcs, profondément enraciné dans l’histoire de l’Église locale et dans l’engagement missionnaire de générations successives.

La maison des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver à Trente est, depuis son origine, étroitement liée à la personne de la Fondatrice. Marie-Thérèse Ledóchowska a séjourné à plusieurs reprises à Trente et dans ses environs, déjà lorsqu’elle était dame de cour en Toscane (la partie actuelle italienne du Tyrol appartenait alors à l’Empire austro-hongrois).

Deux jours après l’approbation pontificale de la Sodalicie (9 avril 1894), sur le chemin du retour de Rome vers Salzbourg, elle s’arrêta à Trente pour inviter à collaborer sa première compagne, la comtesse Mélanie d’Erst, abonnée à L’Écho d’Afrique et gouvernante des enfants des comtes Wolkenstein. Un an plus tard, les rejoignit la baronne Maria Jandl, veuve de 29 ans originaire de Merano (Tyrol), deuxième pilier de la Sodalicie naissante.

Les nombreuses conférences de Marie-Thérèse Ledóchowska dans les milieux aristocratiques de Trente ainsi que dans les écoles privées pour jeunes filles portèrent beaucoup de fruits. Le nombre d’abonnés à L’Écho d’Afrique augmenta considérablement. C’est pourquoi, en 1909, elle décida d’y ouvrir un Bureau de la Sodalicie, puis en 1911 elle acheta la maison actuelle et y fonda une filiale. Ce fut la troisième maison en Italie, après Trieste et Rome. Elle servait de « probandat » pour les candidates du Tyrol ainsi que de centre administratif et de diffusion de l’édition allemande de L’Écho d’Afrique.

Les membres laïcs de la Sodalicie

Pendant douze ans, jusqu’à la mort de la Fondatrice, la maison de Trente fut dirigée par des membres laïcs. La première responsable fut Madame Amalia Bianchi, professeure dans une école supérieure pédagogique, puis Madame Maria Odorizzi. Une mention particulière revient à Monsieur Pietro Clari, longtemps administrateur de la maison et membre honoraire de la Sodalicie.

Dès le début, la maison possédait (et possède toujours) un musée missionnaire, visité par de nombreux élèves et séminaristes. Certains y ont découvert leur vocation missionnaire. En 1923, la filiale devint une maison religieuse, partagée entre les sœurs et les laïcs. Plus tard, elle accueillit également des sœurs revenues d’Afrique pour se soigner.

Un groupe de collaboratrices laïques formait le « comité missionnaire ». Elles se réunissaient chaque mois pour une heure d’adoration eucharistique et un temps de formation spirituelle, accompagné par un prêtre. Certaines donnaient chaque semaine plusieurs heures pour coudre des vêtements liturgiques pour l’Afrique, préparer des colis pour les missions ou aider à l’administration.

Avec une foi profonde et une étonnante persévérance, même durant la Seconde Guerre mondiale, elles ont transmis cet esprit missionnaire aux générations suivantes, jusqu’au début du troisième millénaire.

Il convient de souligner que, dès 1911, en ouvrant cette maison, la bienheureuse Marie-Thérèse fut une pionnière de l’animation missionnaire dans cette région (le Bureau missionnaire diocésain ne fut fondé qu’en 1927). Les laïcs organisaient avec zèle des célébrations missionnaires, des rencontres pour enfants, des bazars, des loteries et bien d’autres initiatives.

Les Polonais en Trentin – Haut-Adige

De nombreux liens historiques et culturels unissent la Pologne et l’Italie, comme en témoignent les hymnes nationaux des deux pays. Dans l’hymne polonais, on chante : « de la terre d’Italie vers la Pologne… », tandis que l’hymne italien évoque aussi l’histoire de la Pologne.

La présence de soldats polonais dans l’armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale est également restée dans les mémoires. Ils étaient connus pour leur foi profonde, priant souvent à genoux en public. Certains sont restés dans la région, et leurs descendants vivent encore aujourd’hui à Trente.

De nouvelles vagues migratoires ont eu lieu dans la seconde moitié du XXe siècle, notamment pendant la loi martiale en Pologne. Aujourd’hui, la communauté polonaise dans le Trentin compte plus de mille personnes. Depuis plus de 25 ans, une association polonaise y est très active, promouvant la culture et l’histoire de la Pologne.

À la fin des années 1980, les sœurs clarétiennes ont aidé activement les réfugiés polonais, en servant de traductrices et en enseignant les bases de la langue italienne. Ces relations sont devenues des liens d’amitié et de soutien spirituel qui durent encore aujourd’hui.

Défis actuels

La situation sociale et religieuse du Trentin – Haut-Adige a beaucoup changé au cours des dernières décennies. Plus de 10 % de la population est aujourd’hui composée d’immigrés, notamment d’Afrique et d’Asie, souvent de religion musulmane, tandis que les habitants locaux pratiquent moins la foi.

Face à cela, nous cherchons à adapter nos formes d’apostolat tout en restant fidèles à notre charisme.

Avec le soutien des laïcs, nous continuons à publier L’Écho d’Afrique. À Trente se trouvent la rédaction italienne et l’administration du magazine, ainsi que l’administration germanophone pour le Tyrol. Les enfants et les jeunes peuvent visiter notre petit musée missionnaire.

Nous organisons des rencontres de formation, des prières du rosaire et accompagnons plusieurs groupes missionnaires dans des villages de montagne. En collaboration avec l’Église locale, nous préparons les enfants et les jeunes aux sacrements, proposons des catéchèses missionnaires et participons à l’initiative diocésaine d’« évangélisation de rue » pour rejoindre les jeunes éloignés de l’Église.

Nous collaborons aussi à des rencontres bibliques pour les migrants. Fidèles à l’engagement de notre Fondatrice pour la dignité des femmes africaines, nous avons accompagné pendant plusieurs années des femmes nigérianes victimes de la traite des êtres humains.

Nous confions l’avenir de l’apostolat clarétien dans cette région et dans toute l’Italie à l’intercession de la bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska. Que l’œuvre qu’elle a initiée continue de suivre les chemins que le Seigneur lui indique.

Sœur Elżbieta Adamiak, SSPC