Avec gratitude, je repense à mon séjour à Maria Sorg

Lorsque je repense à mon séjour à Maria Sorg, mon cœur est rempli de gratitude. Ce temps de retraite, de réflexion et de vie communautaire est devenu pour moi un chemin précieux, fait de prière, de rencontres et de nombreux moments simples qui ont donné à cette expérience toute sa richesse.

À la fin du mois de juillet, je suis arrivée à Maria Sorg, heureuse de pouvoir quitter pour quelque temps le rythme habituel du quotidien. Le calme de ce lieu m’a aidée à ralentir, à devenir plus attentive et surtout à donner davantage de place à Dieu.

Sous le regard de Marie

L’un de mes premiers souvenirs est notre montée à Maria Plain. Dès le deuxième jour, nous y sommes allées en confiant notre retraite à l’intercession de la Vierge Marie. En chemin, nous avons prié le Rosaire, porté nos intentions dans nos cœurs et simplement goûté la beauté du moment.

Arrivée à Maria Plain, j’ai pu remettre entre les mains de Marie tout ce que je portais en moi et lui demander de m’accompagner pendant les jours de retraite.

La semaine qui a suivi fut un temps précieux de silence, de prière et d’écoute. Elle m’a permis de prendre du recul et de regarder mon chemin avec plus de profondeur et de gratitude. Il y eut des moments de paix, mais aussi des moments qui m’ont invitée à regarder plus profondément en moi-même.

J’ai redécouvert que ma vocation ne consiste pas seulement dans ce que je fais chaque jour. Elle est avant tout une réponse à l’appel de Dieu, une réponse à renouveler jour après jour. Ce temps avec Lui m’a rappelé pourquoi j’ai commencé ce chemin et m’a donné un nouveau désir de L’écouter, de Lui faire davantage confiance et de Le laisser continuer à façonner ma vocation. Ce fut surtout une belle expérience de l’amour fidèle et immuable de Dieu.

Redécouvrir notre Mère Fondatrice

Après la retraite, nous avons travaillé en trois groupes sur différents documents concernant notre Mère Fondatrice. Les présentations, suivies de plusieurs jours de partage et d’échanges, m’ont permis de découvrir plus profondément sa vie, sa foi, son courage et son dévouement à la mission que Dieu lui avait confiée.

À travers les réflexions des autres, certains aspects de son histoire ont pris pour moi une lumière nouvelle. J’ai compris davantage que suivre les pas de notre Mère Fondatrice ne signifie pas seulement connaître son histoire. Il s’agit aussi de laisser son exemple parler à ma propre vie et de me demander comment je peux vivre aujourd’hui l’esprit qu’elle nous a transmis.

Son chemin m’a également conduite à regarder ma propre vocation. Chacune de nous avance avec ses difficultés, ses espérances et ses dons. La vie de notre Mère Fondatrice me rappelle que Dieu agit à travers des personnes ordinaires qui acceptent de Lui faire confiance et de se donner généreusement.

La joie d’être ensemble

Une autre grande richesse de ce séjour fut simplement d’être ensemble entre Juniors. Nous avons partagé la prière, les repas, les conversations, les rires et les petites choses de la vie quotidienne.

Certains de mes souvenirs les plus précieux sont justement ces moments tout simples : une conversation spontanée, un éclat de rire, un geste d’entraide ou simplement la joie de sentir que nous appartenons à une même famille.

Ils m’ont rappelé que la vocation se vit aussi dans la communauté, à travers la patience, la compréhension, l’accueil, le pardon et la joie. Vivre ensemble, c’est aussi apprendre à nous apprécier les unes les autres et à avancer ensemble malgré nos différences.

Sur les traces de notre histoire

Vers la fin de notre séjour, nous avons eu la joie de visiter plusieurs lieux liés à la vie de notre Mère Fondatrice. Nous sommes allées à Loosdorf, où elle est née, puis à Gmunden, où elle avait autrefois passé du temps pendant ses vacances.

Le lendemain, nous avons découvert Salzbourg : la cour où elle avait été dame d’honneur, la cathédrale ainsi que l’église de la Sainte-Trinité, où elle avait vécu durant les premiers temps de la fondation de la congrégation.

Le soir, nous avons participé à la messe de la vigile à Maria Plain, suivie de la procession en préparation à la fête de l’Assomption. Pour moi, ce fut une très belle manière de conclure ces journées : revenir à Maria Plain, là où mon chemin avait commencé en confiant ma retraite à Marie.

Les derniers jours nous ont encore offert des moments simples : aider la communauté, faire des promenades le soir, passer du temps dans les montagnes et profiter ensemble de la beauté de la nature.

Un cadeau que je garde dans mon cœur

Aujourd’hui, je réalise que mon séjour à Maria Sorg n’a pas été marqué par un seul grand événement, mais par tous ces moments réunis : la montée à Maria Plain, la prière avec Marie, le silence de la retraite, la découverte de notre Mère Fondatrice, les échanges, les lieux visités et la vie fraternelle partagée au quotidien.

Je suis repartie de Maria Sorg avec de nombreux souvenirs, mais surtout avec quelque chose de plus profond : une gratitude renouvelée pour ma vocation, un désir plus grand de suivre fidèlement le Christ et une conscience plus profonde de l’esprit de notre Mère Fondatrice.

J’ai quitté Maria Sorg, mais ce que j’y ai vécu continue de m’accompagner et, je l’espère, de porter du fruit dans ma vie de chaque jour.

Ces journées ont été pour moi un véritable cadeau — un temps de prière, de rencontres, de découverte et de fraternité. Et pour tout cela, je rends grâce à Dieu.

sr. Anna Rita Barkla

Jubilé d’or de profession religieuse de Sœur Urszula Lorek

Sœur Urszula Lorek est entrée dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre-Claver à Krosno le 7 septembre 1973. C’est là qu’elle a accompli les premières étapes de sa formation religieuse : le postulat et le noviciat. Le 1er juillet 1976, elle a prononcé ses premiers vœux en même temps que Sœur Elżbieta Iskra. La même année, elle a été envoyée à la Maison générale à Rome pour poursuivre sa formation, puis en Autriche. Au fil des années, elle a exercé son apostolat dans différentes communautés en Suisse et en Italie. Elle vit actuellement en Autriche.

Cinquante années de vie consacrée : difficile d’embrasser d’un seul regard un chemin aussi long. Ce sont cinq décennies de fidélité, de prière, de travail et de service discret, offertes dans la fidélité à une même vocation.

Le jubilé d’or de profession religieuse de Sœur Urszula Lorek, Sœur Missionnaire de Saint-Pierre-Claver, a été pour toute la communauté de Maria Sorg une occasion exceptionnelle de s’arrêter, de regarder le chemin parcouru et de rendre grâce ensemble à Dieu pour toutes ces années si riches.

Pour marquer cet anniversaire, une célébration solennelle avait été préparée depuis plusieurs semaines avec beaucoup de cœur et de soin, afin d’honorer dignement la jubilaire et son chemin de vie marqué par la fidélité au Christ.

Mgr Szymon Stułkowski, évêque de Płock, avait été invité à présider l’Eucharistie. Il a accepté cette invitation avec joie, y voyant un honneur particulier et une occasion de vivre un moment de communion spirituelle avec les Sœurs missionnaires.

La messe solennelle a été célébrée le dimanche 5 juillet 2026 à 11 heures, dans la chapelle de la Maison missionnaire de Maria Sorg, devenue au fil des années pour Sœur Urszula et ses consœurs un véritable lieu de prière et de vie fraternelle.

L’Eucharistie était concélébrée par le vicaire épiscopal de l’archidiocèse de Salzbourg, le Dr Gottfried Laireiter, le Père Toni Ringseisen MSC, ainsi que par le curé de la paroisse d’origine de Sœur Urszula à Trzetrzewina, le Père Edward Mikos, venu spécialement de Pologne pour accompagner personnellement la jubilaire en ce jour si particulier.

Bien que de dimensions modestes, la chapelle de la Maison missionnaire était comble. Plus d’une centaine d’invités étaient présents, ainsi qu’une chorale philippine composée d’une vingtaine de personnes. Malgré le nombre important de participants, chacun a pu trouver une place assise. Dès les premiers instants de la liturgie, une atmosphère de recueillement et de joie s’est installée. Un profond sentiment de communion et de gratitude a accompagné l’assemblée jusqu’à la fin de la célébration.

Dans son homélie, le Dr Gottfried Laireiter a évoqué avec profondeur l’importance de la relation de l’être humain avec Dieu, dont les sacrements du baptême et de la confirmation constituent, a-t-il rappelé, le fondement. Cette relation, qui prend naissance dans les sacrements de l’initiation chrétienne, trouve dans la vie religieuse une expression particulière et plus profonde, en devenant un chemin de don total à Dieu.

Le prédicateur a également souligné combien il est important de demeurer auprès de Dieu et d’être attentif à sa voix dans le silence du cœur. Dans notre monde contemporain, marqué par l’agitation, la précipitation et le flot incessant d’informations, cette attitude prend une valeur toute particulière, alors même qu’elle devient de plus en plus difficile à préserver.

Le vicaire épiscopal a également exprimé sa profonde reconnaissance pour les nombreuses années d’engagement de Sœur Urszula au service de l’Église. Il a notamment évoqué avec gratitude son travail, mené en collaboration avec le groupe de laïcs MTL, pour faire connaître la vie et l’œuvre de la bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska dans l’archidiocèse de Salzbourg, en particulier à l’occasion des récentes célébrations jubilaires consacrées à la bienheureuse. Cet engagement, poursuivi avec constance et dévouement au cours des dernières années, a été reconnu comme une contribution importante à la vie spirituelle de l’Église locale.

L’un des moments les plus émouvants de la liturgie fut le renouvellement des vœux religieux. Après avoir reçu la communion, Sœur Urszula, le cœur rempli de gratitude pour toutes les grâces reçues au cours de ces cinquante années, a renouvelé les vœux qu’elle avait prononcés pour la première fois un demi-siècle auparavant, au début de son chemin dans la vie religieuse.

Toute l’assemblée a voulu s’associer à cette action de grâce et a entonné solennellement le Te Deum.

Après la bénédiction finale est venu le temps des remerciements. Sœur Urszula s’est adressée à toutes les personnes présentes, remerciant chaleureusement chacune d’elles d’avoir fait le déplacement, individuellement ou en groupe, depuis les environs ou parfois de très loin, pour partager avec elle la joie de ce jubilé exceptionnel.

Elle a également exprimé sa reconnaissance à la chorale philippine, dont les magnifiques chants ont donné à la liturgie un caractère particulièrement solennel et festif, laissant un souvenir durable aux participants.

La présence d’invités venus de Pologne a procuré à la jubilaire une joie toute particulière et profondément émouvante. Parmi eux se trouvaient notamment le curé de sa paroisse d’origine à Trzetrzewina ainsi que le maire du village, accompagné de son épouse. Tous avaient parcouru un long chemin afin de participer personnellement à cet événement.

Les invités ont offert à Sœur Urszula un cadeau particulièrement symbolique : une copie de l’icône de Notre-Dame de la Consolation provenant de sa paroisse d’origine. Ce présent constitue un lien vivant entre le lieu où elle accomplit aujourd’hui sa mission et sa terre natale.

À la fin de la messe, dans un moment particulièrement solennel et émouvant, le chant Czarna Madonna (« Vierge Noire ») a été entonné simultanément en polonais et en allemand, beau symbole du lien entre deux cultures et deux patries qui occupent une place particulière dans la vie de la jubilaire.

Après l’Eucharistie, tous les invités ont été conviés à un repas de fête, vécu dans une atmosphère chaleureuse et familiale, au milieu des conversations, des souvenirs et de la joie partagée.

Les douceurs n’ont pas manqué non plus : de magnifiques gâteaux et pâtisseries, préparés avec beaucoup de cœur par les amis et les proches de la communauté, ont apporté une touche supplémentaire à la fête et témoigné, eux aussi, de l’affection portée à Sœur Urszula.

Pour conclure ce beau récit, comment ne pas rendre grâce à Dieu également pour le don d’une magnifique journée ensoleillée ? Le beau temps a accompagné les participants tout au long de ce jubilé d’or, complétant l’atmosphère joyeuse de la journée et apparaissant comme un signe supplémentaire de bénédiction sur cette célébration.


Sœur Paula Krones SSPC
Maria Sorg

La Maison Généralice à Rome – au plus près du Pape et de la mission

ROME. Ce n’est pas un hasard si la Ville Éternelle est devenue le siège de la Maison Généralice des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver. C’est ici, au cœur de l’Église catholique, que la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska voyait la place idéale pour l’œuvre missionnaire en plein développement. Depuis plus de cent ans, les sœurs soutiennent les missionnaires du monde entier par la prière, la formation et une aide concrète au service des missions. Grâce à elles, Rome est devenue un lieu de prière et de soutien pour les missions, ainsi que le cœur de l’œuvre mondiale des Clavériennes.

Rome choisie pour les missions

Marie-Thérèse Ledóchowska souhaitait que la congrégation soit aussi proche que possible du Saint-Père et des institutions ecclésiales responsables des missions. Rome, centre de l’Église universelle, s’est naturellement imposée comme le lieu idéal pour la Maison Généralice des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver. C’est de là que les sœurs pouvaient soutenir plus efficacement l’activité missionnaire, en particulier en Afrique, continent pour lequel la congrégation a été fondée.

Dès le début, la Maison Généralice fut un lieu de prière, de travail et de coordination des activités missionnaires menées sur différents continents. Les sœurs préparaient du matériel missionnaire, maintenaient le contact avec les missionnaires et veillaient au développement de l’œuvre fondée par Mère Marie-Thérèse.

Après la mort de la Fondatrice, Rome acquit une importance encore plus grande pour la Congrégation, puisque ses reliques y reposèrent. La Maison Généralice devint alors un lieu privilégié de mémoire, de prière et d’unité spirituelle pour toute la famille clavérienne.

Des débuts marqués par les difficultés

Le projet d’implantation à Rome en 1901 rencontra d’abord l’opposition des cardinaux Ledóchowski et Ciasca, qui se montraient réticents à l’idée d’une nouvelle fondation. Cependant, des événements imprévus donnèrent rapidement une nouvelle orientation aux projets. Une grave maladie pulmonaire contractée par Mère Marie-Thérèse lors de son séjour à Trieste l’obligea à s’installer à Rome pour des raisons de santé. Cet événement providentiel contribua à accélérer le processus d’approbation de la nouvelle communauté religieuse.

En 1902, la Bienheureuse Marie-Thérèse, accompagnée de sœur Mélanie d’Ernst, inaugura la présence de la Sodalité de Saint-Pierre Claver à Rome. Les sœurs s’installèrent d’abord dans un modeste appartement de la Via Sforza, dans le quartier de l’Esquilin. L’autorisation officielle du Saint-Père, obtenue grâce aux démarches du cardinal Gotti, arriva le 29 janvier 1902. Peu après, les sœurs louèrent également une villa située Via Giovanni Lanza, reliée par un jardin à la maison de la Via Sforza. C’est là que fut célébrée, le 7 juin de la même année, la première Eucharistie dans la chapelle dédiée à saint Pierre Claver. Malgré des locaux modestes et des débuts difficiles, la communauté se développa rapidement et devint un important centre d’animation missionnaire.

La maison de la Via dell’Olmata

Afin d’assurer la stabilité et la pérennité de l’œuvre, Mère Marie-Thérèse acheta, le 11 juin 1904, trois maisons avec jardin situées Via dell’Olmata. Après les travaux d’aménagement, la communauté s’y installa officiellement le 2 mai 1905.

La nouvelle maison devint rapidement le centre de la vie de la Congrégation.

À cette époque, la communauté se composait de la Mère Fondatrice, de sœur Mélanie, de sœur Jeanne de Schumacher, de sœur Ludmila, de deux novices et d’une postulante. Entourée de verdure et caractérisée par une atmosphère chaleureuse, cette maison fut reconnue comme la Maison Généralice de l’Œuvre à Rome.

Le temps de la guerre et le développement de la formation

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mère Falkenhayn et sœur Bielak furent contraintes de quitter Rome pour les États-Unis. Cependant, une petite communauté demeura dans la Ville Éternelle durant toute la guerre. Rome accueillait également l’administration des œuvres du sud de l’Italie, dont sœur Francesca Pes fut responsable pendant de nombreuses années.

En 1962, un noviciat international fut ouvert à Monte Mario et fonctionna jusqu’en 1982. Deux ans plus tard, le 8 décembre 1964, les premières Filles de Marie Mère de la Miséricorde – congrégation fondée par l’évêque Nwedo au Nigeria – y commencèrent leur noviciat sous la direction de sœur Benigna Tully SSPC.

Les maisons des Clavériennes à Rome furent également au service de l’Église pendant le Concile Vatican II. À Buon Consiglio et à Monte Mario, de nombreux évêques participant aux sessions conciliaires furent accueillis.

Béatification et avenir missionnaire

La béatification de Marie-Thérèse Ledóchowska, célébrée le 19 octobre 1975 par le pape Paul VI, constitua un événement particulièrement important pour la Congrégation. Cent sœurs venues de différents pays du monde participèrent à cette célébration sur la place Saint-Pierre.

Les Supérieures générales qui se succédèrent, notamment Mère Laetitia Malinowska, Mère Nives Oberhollzer, Mère Immacolata Nihoul et Mère Elżbieta Adamiak, veillèrent au développement de la formation et de l’éducation des sœurs. Grâce à leurs efforts, les Clavériennes purent poursuivre des études dans les institutions académiques liées à l’Université Grégorienne et à l’Angelicum.

Aujourd’hui, la Maison Généralice de Rome demeure également un lieu de formation. Les jeunes professes y ont la possibilité de poursuivre leurs études et d’approfondir leur préparation spirituelle et missionnaire. La communauté est désormais internationale : elle rassemble des sœurs provenant de différents pays et continents, manifestant ainsi l’universalité de l’Église et le caractère missionnaire de la congrégation.

Un « pont » entre les missions et les bienfaiteurs

La Maison Généralice abrite également le Secrétariat Missionnaire, souvent appelé le « pont » entre la congrégation et l’Église missionnaire. C’est là que parviennent les demandes des missionnaires, des évêques et des congrégations religieuses provenant de différents continents, notamment d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

Chaque année, les sœurs répondent à des milliers de demandes concernant la construction de chapelles, la formation des séminaristes, l’achat de matériel catéchétique, l’aide aux orphelins ainsi que le soutien aux malades et aux plus démunis. Les Clavériennes restent en contact permanent avec les missionnaires et transmettent l’aide là où elle est le plus nécessaire. Ainsi, l’œuvre missionnaire de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska continue de vivre et de porter du fruit dans de nombreuses régions du monde.

— Sœur Assunta Giertych SSPC

Bienheureuse Marie-Thérèse, priez pour nous !

Du 28 juin au 6 juillet, nous vivrons une neuvaine par l’intercession de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska.

Pendant cette période, dans toutes les communautés clavariennes à travers le monde, nos sœurs prient pour les intentions qui leur sont confiées : pour la santé, la paix du cœur, la conversion, les grâces nécessaires aux familles, aux personnes malades, seules, ainsi qu’à tous ceux qui demandent la prière.

C’est un temps privilégié de communion spirituelle et d’abandon confiant à Dieu de nos préoccupations quotidiennes, de nos souffrances et de nos espérances. Nous croyons que la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska obtiendra les grâces nécessaires pour tous ceux qui se tournent vers Dieu avec foi.

Nous vous invitons chaleureusement à vous unir à cette neuvaine, par votre prière personnelle et en communion spirituelle avec nos communautés missionnaires. Que ce temps soit pour chacun une source de paix, de renforcement de la foi et d’espérance.

Là où rien n’arrive, l’amour trouve toujours un chemin

VENEZUELA

Le père Giuseppe Phan Anh Tuan, salésien de Don Bosco, est missionnaire depuis 2011 dans la forêt amazonienne du Venezuela, auprès des peuples autochtones. Malgré les difficultés des débuts, cette mission a profondément marqué sa vie et renforcé sa conviction que Dieu est présent partout.

Un appel missionnaire

La vocation missionnaire est un mystère, un don que Dieu confie à chacun d’une manière unique. Les Constitutions salésiennes l’expriment clairement : le missionnaire est appelé à accueillir les valeurs des autres peuples et à partager leurs espérances comme leurs difficultés.

Ces paroles ont profondément façonné mon cheminement. Après trois années de discernement, j’ai exprimé ma disponibilité pour partir là où l’Église aurait besoin de moi.

Les premiers pas en Amazonie

Lorsque je suis arrivé au Venezuela, je ne connaissais pas un seul mot d’espagnol. Je me sentais comme un enfant qui doit tout réapprendre. Après trois mois d’étude à Caracas, j’ai été envoyé dans la forêt amazonienne. C’est là que la véritable mission a commencé.

Je devais non seulement apprendre l’espagnol, mais aussi découvrir une langue et une culture totalement nouvelles : celles des peuples autochtones. On me répétait souvent : « Si tu apprends la langue d’un peuple, tu gagneras son cœur. » J’ai vite compris que c’était vrai.

Ma mission consistait à poursuivre le travail des missionnaires qui m’avaient précédé : accompagner l’école, enseigner le catéchisme, animer la communauté chrétienne et veiller sur la chapelle. Mais aussi partager la vie quotidienne des habitants : cultiver des bananes, du manioc ou des ananas, travailler la terre et vivre à leur rythme.

Le choc de la jungle

Mon arrivée dans la forêt fut un véritable choc. Pas d’électricité. Pas d’internet. Pas de téléphone. Presque aucun moyen de transport. Seulement la nature, le silence et une vie très simple.

Les populations autochtones vivent en communauté et tirent leurs ressources de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Issu d’un milieu urbain, je me sentais totalement étranger à cet univers. Je parlais peu, je comprenais encore moins et je peinais à trouver ma place.

La communauté missionnaire comptait trois membres, mais malgré leur présence, j’ai traversé une période difficile. Pendant près d’un mois, je me suis enfermé dans le silence, me consacrant uniquement aux travaux manuels, aux animaux et à la pépinière.

Beaucoup pensaient que j’allais abandonner. Pourtant, au fond de moi, je ne voulais pas partir ; je ne savais simplement pas encore comment vivre dans ce nouvel environnement.

Durant cette période, la prière m’a soutenu. J’ai demandé à Dieu de m’éclairer. Peu à peu, la simplicité et l’accueil des habitants m’ont aidé à m’ouvrir. J’ai retrouvé confiance.

J’ai commencé à apprendre véritablement : la langue, les gestes, le rythme de vie. Je dessinais des objets dans un cahier pour mémoriser les mots. Je célébrais la messe en espagnol et, dans certains villages, dans la langue autochtone. Avec l’aide d’un enseignant, j’apprenais mes homélies par cœur jusqu’à ce que les mots prennent tout leur sens.

Je voyageais souvent d’un village à l’autre, à pied ou en pirogue sur l’Amazone. Certaines missions duraient plusieurs semaines. C’est ainsi qu’est née, jour après jour, une véritable relation de confiance avec les habitants.

Sept années parmi les Yanomami

J’ai vécu sept années parmi le peuple Yanomami, une expérience que je considère comme une grâce. Ils habitent dans des shapono, de grandes maisons communautaires où plusieurs familles vivent ensemble. Ils dorment dans des hamacs, partagent leurs biens et entretiennent un lien étroit avec la nature.

Les hommes chassent et pêchent, tandis que les femmes assurent la cueillette et les activités domestiques. J’y ai découvert une culture riche et complexe, porteuse de nombreuses valeurs, mais aussi de défis. Sans lois écrites, les Yanomami vivent selon un profond sens du respect mutuel et de l’unité.

Leurs rites, notamment funéraires, témoignent d’une vision intense de la vie et de la communauté. À travers eux, les défunts continuent d’occuper une place importante dans la mémoire collective du groupe.

Une richesse reçue

Au cours de ces années, j’ai vécu des situations étonnantes et inoubliables. On m’a parfois pris pour une femme à cause de mes cheveux longs. J’ai assisté à une naissance et à un décès durant le même voyage. On m’a même proposé le mariage parce que l’on me croyait incapable d’avoir des enfants. J’ai également participé à des rites traditionnels d’une grande profondeur humaine.

Aujourd’hui, je peux affirmer avec conviction : Dieu est présent partout. Chaque culture, même la plus éloignée de la nôtre, porte en elle des semences de vérité, de beauté et d’humanité.

Je crois profondément que là où il y a de l’amour, il n’y a pas d’échec. Être missionnaire, c’est vivre avec sincérité, respecter les cultures, marcher aux côtés des personnes rencontrées et faire le bien.

Lorsque je regarde mon parcours, j’ai le sentiment que ce que j’ai donné est bien peu de chose. Mais ce que j’ai reçu est immense : l’amour des personnes que j’ai eu la grâce de rencontrer.

P. Giuseppe Phan Anh Tuan
Venezuela

Italie – Une maison de l’Église universelle

Le Collège Mater Ecclesiae de Castel Gandolfo est un lieu de formation pour des religieuses venues du monde entier, où la vie quotidienne devient une véritable expérience de l’Église universelle. Sœur Genowefa Kudlik SSPC, directrice du collège, nous partage la réalité de cette maison ainsi que la mission de la communauté internationale des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver qui y est présente.

Castel Gandolfo, connu principalement comme résidence d’été des papes, possède également une autre richesse spirituelle : le Collège Mater Ecclesiae. Ici, l’histoire de l’Église rencontre sa réalité missionnaire vivante et actuelle. Pour celles qui y vivent, le collège n’est pas seulement une institution académique, mais avant tout une maison — un lieu de rencontre, de fraternité et de vie partagée.

Le collège accueille des religieuses venues à Rome grâce à des bourses d’études leur permettant de suivre une formation dans les universités pontificales. Elles représentent différents pays, cultures et traditions ecclésiales. Dans cette diversité naît une véritable expérience d’unité, vécue concrètement chaque jour dans la prière commune, les échanges fraternels et la vie quotidienne.

Une mission née du Concile Vatican II

Le Collège Mater Ecclesiae a été fondé en 1976 par le pape Paul VI, dans le contexte du renouveau initié par le Concile Vatican II. Son objectif était de soutenir les jeunes Églises, notamment en Afrique, en Asie et en Océanie, à travers la formation de religieuses appelées à exercer des responsabilités importantes dans leurs communautés.

Le collège n’est pas une université, mais un lieu de vie où la formation intellectuelle s’unit à la formation spirituelle et communautaire.

Aujourd’hui, 131 religieuses provenant de 24 pays et appartenant à 99 congrégations vivent au collège. La majorité d’entre elles viennent des jeunes Églises des pays ad gentes. Cette diversité constitue l’une des plus grandes richesses du lieu et devient un espace de rencontre, d’apprentissage mutuel et de construction de l’unité.

La présence des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver

Au cœur de cette réalité se trouve la présence quotidienne des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver. Leur communauté est elle aussi internationale : elle est composée d’une sœur africaine originaire du Cap-Vert, d’une sœur polonaise et d’une sœur indienne.

Leur mission consiste à accompagner les religieuses dans leur parcours de formation tout en veillant à la vie quotidienne du collège, à son organisation et à l’atmosphère propice à l’étude, à la prière et à la fraternité.

Leur présence s’exprime dans les gestes simples de chaque jour : l’écoute, les conversations, l’accompagnement dans les moments difficiles ou exigeants. C’est une manière concrète de vivre le charisme de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska, qui accordait une grande importance au soutien de l’Église missionnaire et à la formation des femmes dans les pays de mission.

La formation au cœur de la vie du collège

En tant qu’institution dépendant du Dicastère pour l’Évangélisation, le collège a une mission bien précise : soutenir la formation des religieuses appelées à servir dans leurs Églises locales.

Le collège représente ainsi un lieu de transition : entre les études et le retour dans le pays d’origine, entre la formation et la mission, entre la réflexion et le service concret.

La formation occupe une place centrale dans la vie du collège. Chaque année, un thème spirituel accompagne toutes les activités de la communauté. Cette année, les religieuses méditent les paroles de saint Augustin :

« Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi. »

Ce thème ne reste pas un simple slogan, mais devient le fil conducteur de toute l’année. Les sœurs participent notamment à :

  • cinq jours d’exercices spirituels annuels ;
  • une journée mensuelle de recollection et de lectio divina ;
  • des rencontres communautaires régulières ;
  • un travail en dix groupes internationaux.

Des conférences spirituelles et des pèlerinages « sur les traces des saints » sont également organisés deux fois par an.

Une attention particulière est accordée aux jeunes professes, qui bénéficient d’un programme complémentaire consacré à la vie religieuse et aux vœux. Le collège propose aussi un accompagnement psychologique individuel et communautaire assuré par des spécialistes.

La diversité comme richesse spirituelle

La vie du collège est aussi animée par les initiatives des religieuses elles-mêmes. Elles organisent des rencontres culturelles et liturgiques, des journées internationales, des activités communautaires et des temps de fraternité.

La communauté du collège possède un caractère profondément multiculturel et multiethnique. Des religieuses venues de différents continents, avec leurs traditions, leurs langues et leurs manières propres de vivre la foi, y partagent la même vie quotidienne.

Cette diversité devient une expérience spirituelle, un véritable « prophétisme de l’unité » qui naît du vivre-ensemble et du partage des richesses des différentes Églises locales.

La division en dix groupes internationaux permet de vivre cette réalité de manière plus personnelle. Dans ces petits groupes, les sœurs apprennent à s’écouter mutuellement, à partager leur expérience de foi et à s’accompagner dans la vie quotidienne.

Les journées culturelles internationales et les célébrations communes permettent de découvrir la richesse des traditions de l’Église dans les différentes parties du monde.

Ainsi, le collège devient un lieu où l’on peut expérimenter concrètement l’Église universelle : une communauté vivante où la diversité ne divise pas, mais enrichit et conduit à une unité plus profonde dans le Christ.

C’est dans cette vie quotidienne, simple mais profondément riche, que réside la force particulière de ce lieu.

— Sœur Genowefa Kudlik SSPC