Le souffle de l’Espritau Japon

Au Japon, l’école où j’ai enseigné et assuré la direction est devenue mon principal lieu d’apostolat. Située dans l’unique paroisse catholique de Koriyama, une ville de plus de 250 000 habitants au nord de Tokyo, notre école accueillait, dans ses années les plus prospères, près de mille élèves, dont une trentaine seulement étaient chrétiens.

Parce que l’établissement était officiellement reconnu comme école catholique, nous avions l’autorisation d’enseigner la Bible et de transmettre les valeurs chrétiennes. L’école n’était pas un lieu de « conversion forcée », mais un espace où l’on faisait découvrir Jésus, son message d’amour, et où l’on apprenait à prier, à respecter les autres et à vivre dans la bienveillance.

Des cours de Bible étaient également proposés aux parents et aux enseignants. Grâce à cette présence discrète mais constante de l’Évangile, plusieurs familles ont découvert la foi chrétienne.

Le témoignage plus fort que les paroles

Évangéliser ne signifie pas seulement parler de Dieu. Bien sûr, j’ai enseigné la Bible à des enfants, des adolescents et des adultes, mais toujours avec le désir d’incarner concrètement le message du Christ : partage avec les plus pauvres, pardon, respect des différences et accueil de chacun.

Au Japon, le témoignage vécu a une importance particulière.

Un jour, une ancienne élève, à qui j’avais proposé un poste d’enseignante dans notre école, est venue m’annoncer qu’elle avait finalement accepté un emploi dans une école publique, sans m’en avertir auparavant. J’étais profondément déçue, mais je lui ai simplement répondu :

« Si tu penses que tu y seras heureuse, va en paix. Ma prière t’accompagne. »

Plus tard, sa mère, qui suivait depuis longtemps des cours de préparation au baptême sans jamais oser franchir le pas, demanda finalement à devenir chrétienne. Elle expliqua :

« La réaction de la Sœur Directrice m’a bouleversée. Seuls ceux qui croient vraiment en Jésus peuvent agir ainsi. Moi aussi, je veux suivre cette voie. »

Ce fut pour moi un véritable moment de grâce.

L’Esprit de Dieu au cœur de tous

Les enseignants de l’école avaient des horaires très chargés. Après une session biblique d’été, plusieurs professeurs demandèrent à approfondir davantage leur découverte de la Bible. Comme il était impossible d’ajouter de nouveaux cours à leur emploi du temps, ils trouvèrent eux-mêmes une solution :

Chaque matin, avant le début des cours, un passage de la Bible était lu lors de la rencontre des professeurs, suivi d’une courte prière inspirée du texte.

Au départ, cette mission était confiée à une enseignante catholique. Mais un jour, en son absence, personne n’osait prendre la parole. Je leur ai alors dit :

« L’Esprit de Jésus habite le cœur de chacun. Pourquoi ne pas prier à tour de rôle ? »

Et c’est ainsi qu’est née une magnifique tradition.

La Bible, visiteuse de chaque maison

Pendant plusieurs années, la Bible circula de bureau en bureau, de maison en maison. Catholiques, protestants, bouddhistes ou shintoïstes emportaient tour à tour le Livre saint chez eux afin de préparer la lecture et la prière du lendemain.

Chaque matin, nous entendions des prières simples, profondes et pleines de sens, inspirées à la fois par l’Évangile, les saisons, la vie de l’école et les événements du monde.

Peu à peu, les cœurs changeaient. Les enseignants apprenaient à mieux se connaître, à s’aimer davantage, et cette atmosphère rejaillissait naturellement sur les enfants.

Pour moi, chacun de ces matins ressemblait à un matin de Pâques.

Oui, le Japon m’a évangélisée.

Sœur Louisa Nicole, m.i.c.

Ma vie est une mission

Luis Alejandro est un missionnaire en Amazonie, au Venezuela. Son histoire nous montre quelque chose de beau : chaque chrétien a une mission !

Luis a découvert son appel à 15 ans, pendant des camps de jeunes. En voyant d’autres aider les malades et les plus pauvres, il a dit « oui » dans son cœur. Plus tard, sa formation aux Œuvres Pontificales Missionnaires l’a aidé à grandir dans la foi et à se préparer aux défis de la mission. Peu à peu, une phrase est devenue son guide :
« Ma vie est une mission. »

Entre 2018 et 2019, il a vécu presque deux ans en Amazonie avec le peuple Yanomami
Là-bas, il a compris quelque chose de très important :
la mission, c’est d’abord être avec les autres.

Il aidait de différentes manières : à l’école, dans la vie quotidienne, auprès des familles. Il a appris que l’on annonce Jésus non seulement avec des mots, mais surtout avec des gestes simples, pleins d’amour et de service.

Luis a rencontré Dieu dans des moments tout simples, avec les enfants et pendant la prière. Il a aussi vécu des difficultés, qui lui ont appris la patience et le respect des traditions. Il gardait toujours confiance :
Dieu est au milieu de nous.

Un moment l’a profondément marqué : le Vendredi Saint 2019. En voyant une femme malade, il a reconnu le visage de Jésus souffrant. Il a alors compris que la mission, c’est rencontrer Jésus dans les autres.

Aujourd’hui, sa mission continue autrement. Il essaie chaque jour de vivre cette phrase :
« Ma vie est une mission »,
et il encourage les autres à devenir, eux aussi, des disciples missionnaires.

Son message est simple et beau :
 – Aller vers les autres
 – Partager la joie de l’Évangile
 – Et ne pas avoir peur d’aimer

Car chacun de nous peut être missionnaire : en aidant, en partageant ou en priant.

Luis Alejandro Blanca

Vers la Résurrection

BOLIVIE. Comment vit-on le Triduum pascal dans les Andes boliviennes ? Sœur Grażyna Małecka USJK raconte la profonde religiosité des fidèles, les mystères très réalistes de la Passion du Christ, la visite nocturne des sept églises et la grande joie de la Résurrection vécue en communauté.

Le Chemin de Croix au cœur de la piété andine

Dans la tradition de l’Église dans les Andes, le moment le plus important du Triduum pascal est le Vendredi saint, et plus précisément le Chemin de Croix. Il me semble que cela s’explique – au moins en partie – par la richesse de l’imagination et le sens profond du symbole chez le peuple bolivien, qui désire chaque année vivre une expérience intérieure forte : demander pardon pour ses péchés et remercier Dieu pour le sacrifice de la Passion, de la Mort et de la Résurrection de son Fils divin.

Depuis de nombreuses années, le Vendredi saint est ici un jour férié, également pour les écoles. Je voudrais raconter brièvement comment se déroulent les célébrations du Triduum en Bolivie.

Le Jeudi saint et la nuit des sept églises

Le Jeudi saint, cette année, beaucoup plus de personnes que les années précédentes ont participé à la messe de la Cène du Seigneur dans la nouvelle église de notre district.

Le rite du lavement des pieds ne consiste pas ici littéralement à laver les pieds de douze apôtres, car il est difficile de trouver douze hommes dans l’église. Ce sont donc surtout des femmes et des enfants qui participent à ce geste.

À la fin de la liturgie, le Saint-Sacrement est porté en procession vers le lieu d’adoration, où il reste exposé jusqu’à minuit. Les habitants d’Oruro ont l’habitude de visiter cette nuit-là sept églises où le Saint-Sacrement est exposé, afin d’honorer Jésus qui, après la Dernière Cène, a été conduit en différents lieux.

Le premier lieu rappelle le chemin vers le Jardin des Oliviers ; le deuxième, celui vers la maison du grand prêtre Anne ; le troisième, vers la maison de Caïphe ; le quatrième, vers le prétoire de Pilate ; le cinquième, vers le palais d’Hérode ; le sixième, de nouveau vers Pilate ; et le septième rappelle le chemin sur lequel Jésus a porté sa croix vers le Golgotha.

Le mystère de la Passion du Christ

Le Vendredi saint, on joue le drame de la Passion du Christ, auquel participent des jeunes, des enfants et certains adultes. Les différentes scènes de la Passion sont marquées par des images de violence et de brutalité, présentées de manière très réaliste, avec beaucoup d’engagement, de larmes et de repentir de la part des participants.

De temps en temps, on entend les questions des plus jeunes :
« Est-ce vraiment Jésus ? Est-il revenu parmi nous ? »

Les réactions des adultes sont différentes :
« Comme ces Romains étaient brutaux et sans cœur ! Je me sens accablé par tant de souffrance du Christ. »

Le geste d’une petite fille qui court vers Jésus portant la croix pour lui donner un bonbon touche profondément tous les participants.

Après le Chemin de Croix, tous participent à la liturgie du Vendredi saint à l’église, puis rentrent chez eux pour continuer la célébration en famille. Il existe ici une coutume inconnue en Europe : toute la famille s’assoit autour d’une table où sont disposées douze assiettes de plats à base de maïs et de poisson — la viande étant absolument exclue — en mémoire du repas que le Seigneur partagea avec ses douze apôtres.

La Vigile pascale et la joie du baptême

La Vigile pascale du Samedi saint est célébrée avec encore plus de solennité. Le chant de la très belle prière de l’Exultet — interprété par un chanteur professionnel — résonne encore aujourd’hui dans mes oreilles.

Beaucoup de fidèles souhaitent lire les lectures pendant la célébration. Même s’ils n’ont pas toujours une bonne prononciation, ils le font avec un grand désir et beaucoup de courage, afin de participer activement à la liturgie.

À la fin de la célébration, chaque fidèle reçoit une bouteille d’eau bénite, qui lui rappelle le sacrement du baptême qu’il a reçu. Cela peut sembler un petit don, mais ici, chaque dimanche, pendant la célébration de l’Eucharistie, les fidèles sont aspergés d’eau bénite ; c’est pourquoi emporter chez soi l’eau bénite de la Vigile pascale est quelque chose de très précieux.

Pour bien se préparer à la fête de Pâques, la grande majorité de nos fidèles a participé à ce que l’on appelle le « marathon de la confession », organisé dans toutes les églises pendant les trois premiers jours de la Semaine sainte et se poursuivant tard dans la soirée, car il y a peu de prêtres et beaucoup de fidèles.

De plus, comme chaque année pendant la Semaine sainte, nous avons apporté aux familles dans le besoin des colis alimentaires de base, ou elles sont venues les chercher chez nous.

La joie de la Résurrection

Le dimanche de la Résurrection, malgré la simplicité des conditions dans lesquelles nous vivons, nous avons vécu une véritable joie pascale, particulièrement pendant la solennelle messe de Pâques. Après la célébration, une rencontre fraternelle a eu lieu dans notre couvent.

Pendant les fêtes pascales, nous ressentons que la foi dans le Seigneur ressuscité nous unit presque visiblement à tous nos frères et sœurs chrétiens à travers le monde.

Sœur Grażyna Małecka USJK
Bolivie

Le coeur grand comme le soleil

Le soleil n’est pas encore haut dans le ciel, ici, aux Philippines, quand Maria ouvre les yeux.
Par la fenêtre en bois, elle entend déjà les coqs chanter. L’air sent la mer et le riz qui cuit doucement dans la petite cuisine.

« Maria, gising na! Debout, ma chérie », appelle sa maman en souriant.

Maria se lève de son matelas posé près de celui de son petit frère, Paolo. Leur maison est simple, faite de bois clair et de tôle, mais elle est pleine de vie. Sur le mur, il y a une petite croix et une image de Jésus. Chaque jour commence ainsi, ensemble.

Une prière avant de commencer

Avant le petit déjeuner, toute la famille se rassemble.
Papa tient les mains de Maria et de Paolo.

« Merci, Seigneur, pour cette nouvelle journée », prie-t-il doucement.

Maria ferme les yeux très fort. Elle pense à son école. Elle aime apprendre à lire des histoires et rêve de devenir institutrice. Parfois, elle s’inquiète quand la pluie est trop forte et que le chemin devient boueux. Mais elle sait qu’elle n’est pas seule.

Après la prière, ils mangent du riz, un peu de poisson séché et une mangue bien sucrée. Ils rient parce que Paolo a encore du jus de mangue sur le nez.

Le chemin de l’école

Maria marche avec ses amis le long d’un chemin bordé de palmiers.
Elle tient ses cahiers bien serrés contre elle.

À l’école, la classe est simple, avec des murs colorés et des fenêtres grandes ouvertes. Quand le vent souffle, les rideaux dansent. Maria aime écouter son professeur raconter l’histoire de héros courageux et de saints qui ont aidé les autres.

Parfois, elle trouve les mathématiques difficiles. Elle soupire un peu… mais elle n’abandonne pas. Elle pense à sa maman qui dit toujours :
« Petit à petit, on avance. »

Un geste qui change tout

Ce jour-là, en rentrant de l’école, Maria voit leur voisine, Lola Rosa, assise devant sa maison. Elle est âgée et vit seule. Son seau d’eau est tombé, et elle ne peut pas le soulever.

Maria pose son sac.

« Je peux vous aider, Lola ? »

Avec Paolo, ils remplissent le seau au puits et le portent doucement jusque chez elle. Lola Rosa sourit, ses yeux brillent.

« Salamat, merci mes enfants. Vous m’apportez de la joie. »

Maria sent son cœur devenir tout chaud. Elle comprend que même un petit geste peut illuminer la journée de quelqu’un.

Le soir, ensemble

Le soir, la famille se retrouve autour d’un repas simple. Papa raconte sa journée de travail. Maman parle du marché. Maria partage son aide à Lola Rosa.

« Je suis fière de toi », dit maman en lui caressant les cheveux.

Avant de dormir, ils prient encore. Cette fois, Maria remercie pour l’école, pour Lola Rosa, et pour sa famille.

Allongée sur son matelas, elle regarde les étoiles par la fenêtre. Elle pense à demain. Elle ne sait pas ce que l’avenir lui réserve. Mais elle sait une chose : l’amour habite leur maison.

Et cela suffit pour faire de grands rêves.

o. Julieto Casapao SMA

De bonnes nouvelles du Cap-Vert !

Chers amis, chers enfants,

Je suis très heureuse de vous partager une belle nouvelle.

Les cadeaux envoyés d’Europe sont bien arrivés sur l’île de São Vicente, au Cap-Vert, un bel archipel situé au large de l’Afrique.

Les conteneurs partis en octobre sont arrivés sains et saufs.
Ils ont été déchargés à Mindelo et j’ai pu remettre les cadeaux aux enfants et à leurs familles.

Les enfants étaient très heureux !
Il y avait beaucoup de sourires, de joie et de lumière sur leurs visages.

Du fond du cœur, je vous dis merci.
Merci à tous les donateurs, bénévoles et amis des missions.

Grâce à votre bonté et à vos cœurs ouverts, l’amour et l’espérance arrivent jusqu’ici, au Cap-Vert.

Avec toute ma gratitude et ma prière,
Sr Jolanta Burdak

Le Petit Tambour et la Grande Étoile

Depuis qu’il était tout petit, le garçon aimait écouter la voix de son grand-père avant de s’endormir.

Le vieil homme parlait doucement, comme si chaque mot venait du ciel. Il racontait l’histoire d’un Roi promis depuis longtemps, d’un Sauveur qui viendrait éclairer les chemins sombres.

« Quand le moment viendra, le ciel chantera », disait-il.
« Ceux qui regardent avec le cœur comprendront. »

Le garçon gardait ces paroles comme un trésor.
Son seul bien précieux était un petit tambour en bois. Quand il en jouait, même le vent semblait s’arrêter pour écouter.


La nuit de l’étoile

Une nuit, une lumière étrange entra par la fenêtre.

Dehors, une étoile immense brillait plus fort que toutes les autres. Le garçon sentit son cœur battre très fort.

« C’est le signe… », murmura-t-il.

Le lendemain, il rencontra trois voyageurs venus de très loin. Ils cherchaient un Roi de paix annoncé dans les anciens écrits.

« L’étoile nous montre la route », dirent-ils.
« Viens avec nous si ton cœur le désire. »

Le garçon regarda son tambour.
Il n’avait ni or, ni encens, ni myrrhe.
Mais il avait sa musique.

Alors il partit avec eux.


Un cadeau simple

Après un long voyage, l’étoile s’arrêta au-dessus d’une petite étable.

À l’intérieur, Marie souriait. Joseph veillait.
Dans une mangeoire reposait un tout petit enfant : Jésus.

Les mages offrirent leurs trésors.
Les bergers offrirent leurs chants.

Le garçon s’approcha timidement.
Il posa son tambour contre son cœur… et joua.

D’abord tout doucement.
Puis plus fort.

Comme si chaque battement disait :
« Voilà tout ce que j’ai. Je te l’offre. »

Et Jésus sourit.


Une lumière qui ne s’éteint pas

Ce sourire illumina la pièce plus que toutes les étoiles du ciel.

Quand ils repartirent, quelque chose avait changé.
La lumière de l’étoile brillait maintenant dans leur cœur.

Le garçon serra son tambour contre lui.
Il savait que cette histoire continuerait de briller longtemps.


Et toi, quel petit “tambour” pourrais-tu offrir à Jésus ?