ROME. Ce n’est pas un hasard si la Ville Éternelle est devenue le siège de la Maison Généralice des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver. C’est ici, au cœur de l’Église catholique, que la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska voyait la place idéale pour l’œuvre missionnaire en plein développement. Depuis plus de cent ans, les sœurs soutiennent les missionnaires du monde entier par la prière, la formation et une aide concrète au service des missions. Grâce à elles, Rome est devenue un lieu de prière et de soutien pour les missions, ainsi que le cœur de l’œuvre mondiale des Clavériennes.
Rome choisie pour les missions
Marie-Thérèse Ledóchowska souhaitait que la congrégation soit aussi proche que possible du Saint-Père et des institutions ecclésiales responsables des missions. Rome, centre de l’Église universelle, s’est naturellement imposée comme le lieu idéal pour la Maison Généralice des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver. C’est de là que les sœurs pouvaient soutenir plus efficacement l’activité missionnaire, en particulier en Afrique, continent pour lequel la congrégation a été fondée.
Dès le début, la Maison Généralice fut un lieu de prière, de travail et de coordination des activités missionnaires menées sur différents continents. Les sœurs préparaient du matériel missionnaire, maintenaient le contact avec les missionnaires et veillaient au développement de l’œuvre fondée par Mère Marie-Thérèse.
Après la mort de la Fondatrice, Rome acquit une importance encore plus grande pour la Congrégation, puisque ses reliques y reposèrent. La Maison Généralice devint alors un lieu privilégié de mémoire, de prière et d’unité spirituelle pour toute la famille clavérienne.
Des débuts marqués par les difficultés
Le projet d’implantation à Rome en 1901 rencontra d’abord l’opposition des cardinaux Ledóchowski et Ciasca, qui se montraient réticents à l’idée d’une nouvelle fondation. Cependant, des événements imprévus donnèrent rapidement une nouvelle orientation aux projets. Une grave maladie pulmonaire contractée par Mère Marie-Thérèse lors de son séjour à Trieste l’obligea à s’installer à Rome pour des raisons de santé. Cet événement providentiel contribua à accélérer le processus d’approbation de la nouvelle communauté religieuse.
En 1902, la Bienheureuse Marie-Thérèse, accompagnée de sœur Mélanie d’Ernst, inaugura la présence de la Sodalité de Saint-Pierre Claver à Rome. Les sœurs s’installèrent d’abord dans un modeste appartement de la Via Sforza, dans le quartier de l’Esquilin. L’autorisation officielle du Saint-Père, obtenue grâce aux démarches du cardinal Gotti, arriva le 29 janvier 1902. Peu après, les sœurs louèrent également une villa située Via Giovanni Lanza, reliée par un jardin à la maison de la Via Sforza. C’est là que fut célébrée, le 7 juin de la même année, la première Eucharistie dans la chapelle dédiée à saint Pierre Claver. Malgré des locaux modestes et des débuts difficiles, la communauté se développa rapidement et devint un important centre d’animation missionnaire.
La maison de la Via dell’Olmata
Afin d’assurer la stabilité et la pérennité de l’œuvre, Mère Marie-Thérèse acheta, le 11 juin 1904, trois maisons avec jardin situées Via dell’Olmata. Après les travaux d’aménagement, la communauté s’y installa officiellement le 2 mai 1905.
La nouvelle maison devint rapidement le centre de la vie de la Congrégation.
À cette époque, la communauté se composait de la Mère Fondatrice, de sœur Mélanie, de sœur Jeanne de Schumacher, de sœur Ludmila, de deux novices et d’une postulante. Entourée de verdure et caractérisée par une atmosphère chaleureuse, cette maison fut reconnue comme la Maison Généralice de l’Œuvre à Rome.
Le temps de la guerre et le développement de la formation
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mère Falkenhayn et sœur Bielak furent contraintes de quitter Rome pour les États-Unis. Cependant, une petite communauté demeura dans la Ville Éternelle durant toute la guerre. Rome accueillait également l’administration des œuvres du sud de l’Italie, dont sœur Francesca Pes fut responsable pendant de nombreuses années.
En 1962, un noviciat international fut ouvert à Monte Mario et fonctionna jusqu’en 1982. Deux ans plus tard, le 8 décembre 1964, les premières Filles de Marie Mère de la Miséricorde – congrégation fondée par l’évêque Nwedo au Nigeria – y commencèrent leur noviciat sous la direction de sœur Benigna Tully SSPC.
Les maisons des Clavériennes à Rome furent également au service de l’Église pendant le Concile Vatican II. À Buon Consiglio et à Monte Mario, de nombreux évêques participant aux sessions conciliaires furent accueillis.
Béatification et avenir missionnaire
La béatification de Marie-Thérèse Ledóchowska, célébrée le 19 octobre 1975 par le pape Paul VI, constitua un événement particulièrement important pour la Congrégation. Cent sœurs venues de différents pays du monde participèrent à cette célébration sur la place Saint-Pierre.
Les Supérieures générales qui se succédèrent, notamment Mère Laetitia Malinowska, Mère Nives Oberhollzer, Mère Immacolata Nihoul et Mère Elżbieta Adamiak, veillèrent au développement de la formation et de l’éducation des sœurs. Grâce à leurs efforts, les Clavériennes purent poursuivre des études dans les institutions académiques liées à l’Université Grégorienne et à l’Angelicum.
Aujourd’hui, la Maison Généralice de Rome demeure également un lieu de formation. Les jeunes professes y ont la possibilité de poursuivre leurs études et d’approfondir leur préparation spirituelle et missionnaire. La communauté est désormais internationale : elle rassemble des sœurs provenant de différents pays et continents, manifestant ainsi l’universalité de l’Église et le caractère missionnaire de la congrégation.
Un « pont » entre les missions et les bienfaiteurs
La Maison Généralice abrite également le Secrétariat Missionnaire, souvent appelé le « pont » entre la congrégation et l’Église missionnaire. C’est là que parviennent les demandes des missionnaires, des évêques et des congrégations religieuses provenant de différents continents, notamment d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
Chaque année, les sœurs répondent à des milliers de demandes concernant la construction de chapelles, la formation des séminaristes, l’achat de matériel catéchétique, l’aide aux orphelins ainsi que le soutien aux malades et aux plus démunis. Les Clavériennes restent en contact permanent avec les missionnaires et transmettent l’aide là où elle est le plus nécessaire. Ainsi, l’œuvre missionnaire de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska continue de vivre et de porter du fruit dans de nombreuses régions du monde.
