Vers la Résurrection

BOLIVIE. Comment vit-on le Triduum pascal dans les Andes boliviennes ? Sœur Grażyna Małecka USJK raconte la profonde religiosité des fidèles, les mystères très réalistes de la Passion du Christ, la visite nocturne des sept églises et la grande joie de la Résurrection vécue en communauté.

Le Chemin de Croix au cœur de la piété andine

Dans la tradition de l’Église dans les Andes, le moment le plus important du Triduum pascal est le Vendredi saint, et plus précisément le Chemin de Croix. Il me semble que cela s’explique – au moins en partie – par la richesse de l’imagination et le sens profond du symbole chez le peuple bolivien, qui désire chaque année vivre une expérience intérieure forte : demander pardon pour ses péchés et remercier Dieu pour le sacrifice de la Passion, de la Mort et de la Résurrection de son Fils divin.

Depuis de nombreuses années, le Vendredi saint est ici un jour férié, également pour les écoles. Je voudrais raconter brièvement comment se déroulent les célébrations du Triduum en Bolivie.

Le Jeudi saint et la nuit des sept églises

Le Jeudi saint, cette année, beaucoup plus de personnes que les années précédentes ont participé à la messe de la Cène du Seigneur dans la nouvelle église de notre district.

Le rite du lavement des pieds ne consiste pas ici littéralement à laver les pieds de douze apôtres, car il est difficile de trouver douze hommes dans l’église. Ce sont donc surtout des femmes et des enfants qui participent à ce geste.

À la fin de la liturgie, le Saint-Sacrement est porté en procession vers le lieu d’adoration, où il reste exposé jusqu’à minuit. Les habitants d’Oruro ont l’habitude de visiter cette nuit-là sept églises où le Saint-Sacrement est exposé, afin d’honorer Jésus qui, après la Dernière Cène, a été conduit en différents lieux.

Le premier lieu rappelle le chemin vers le Jardin des Oliviers ; le deuxième, celui vers la maison du grand prêtre Anne ; le troisième, vers la maison de Caïphe ; le quatrième, vers le prétoire de Pilate ; le cinquième, vers le palais d’Hérode ; le sixième, de nouveau vers Pilate ; et le septième rappelle le chemin sur lequel Jésus a porté sa croix vers le Golgotha.

Le mystère de la Passion du Christ

Le Vendredi saint, on joue le drame de la Passion du Christ, auquel participent des jeunes, des enfants et certains adultes. Les différentes scènes de la Passion sont marquées par des images de violence et de brutalité, présentées de manière très réaliste, avec beaucoup d’engagement, de larmes et de repentir de la part des participants.

De temps en temps, on entend les questions des plus jeunes :
« Est-ce vraiment Jésus ? Est-il revenu parmi nous ? »

Les réactions des adultes sont différentes :
« Comme ces Romains étaient brutaux et sans cœur ! Je me sens accablé par tant de souffrance du Christ. »

Le geste d’une petite fille qui court vers Jésus portant la croix pour lui donner un bonbon touche profondément tous les participants.

Après le Chemin de Croix, tous participent à la liturgie du Vendredi saint à l’église, puis rentrent chez eux pour continuer la célébration en famille. Il existe ici une coutume inconnue en Europe : toute la famille s’assoit autour d’une table où sont disposées douze assiettes de plats à base de maïs et de poisson — la viande étant absolument exclue — en mémoire du repas que le Seigneur partagea avec ses douze apôtres.

La Vigile pascale et la joie du baptême

La Vigile pascale du Samedi saint est célébrée avec encore plus de solennité. Le chant de la très belle prière de l’Exultet — interprété par un chanteur professionnel — résonne encore aujourd’hui dans mes oreilles.

Beaucoup de fidèles souhaitent lire les lectures pendant la célébration. Même s’ils n’ont pas toujours une bonne prononciation, ils le font avec un grand désir et beaucoup de courage, afin de participer activement à la liturgie.

À la fin de la célébration, chaque fidèle reçoit une bouteille d’eau bénite, qui lui rappelle le sacrement du baptême qu’il a reçu. Cela peut sembler un petit don, mais ici, chaque dimanche, pendant la célébration de l’Eucharistie, les fidèles sont aspergés d’eau bénite ; c’est pourquoi emporter chez soi l’eau bénite de la Vigile pascale est quelque chose de très précieux.

Pour bien se préparer à la fête de Pâques, la grande majorité de nos fidèles a participé à ce que l’on appelle le « marathon de la confession », organisé dans toutes les églises pendant les trois premiers jours de la Semaine sainte et se poursuivant tard dans la soirée, car il y a peu de prêtres et beaucoup de fidèles.

De plus, comme chaque année pendant la Semaine sainte, nous avons apporté aux familles dans le besoin des colis alimentaires de base, ou elles sont venues les chercher chez nous.

La joie de la Résurrection

Le dimanche de la Résurrection, malgré la simplicité des conditions dans lesquelles nous vivons, nous avons vécu une véritable joie pascale, particulièrement pendant la solennelle messe de Pâques. Après la célébration, une rencontre fraternelle a eu lieu dans notre couvent.

Pendant les fêtes pascales, nous ressentons que la foi dans le Seigneur ressuscité nous unit presque visiblement à tous nos frères et sœurs chrétiens à travers le monde.

Sœur Grażyna Małecka USJK
Bolivie

Le coeur grand comme le soleil

Le soleil n’est pas encore haut dans le ciel, ici, aux Philippines, quand Maria ouvre les yeux.
Par la fenêtre en bois, elle entend déjà les coqs chanter. L’air sent la mer et le riz qui cuit doucement dans la petite cuisine.

« Maria, gising na! Debout, ma chérie », appelle sa maman en souriant.

Maria se lève de son matelas posé près de celui de son petit frère, Paolo. Leur maison est simple, faite de bois clair et de tôle, mais elle est pleine de vie. Sur le mur, il y a une petite croix et une image de Jésus. Chaque jour commence ainsi, ensemble.

Une prière avant de commencer

Avant le petit déjeuner, toute la famille se rassemble.
Papa tient les mains de Maria et de Paolo.

« Merci, Seigneur, pour cette nouvelle journée », prie-t-il doucement.

Maria ferme les yeux très fort. Elle pense à son école. Elle aime apprendre à lire des histoires et rêve de devenir institutrice. Parfois, elle s’inquiète quand la pluie est trop forte et que le chemin devient boueux. Mais elle sait qu’elle n’est pas seule.

Après la prière, ils mangent du riz, un peu de poisson séché et une mangue bien sucrée. Ils rient parce que Paolo a encore du jus de mangue sur le nez.

Le chemin de l’école

Maria marche avec ses amis le long d’un chemin bordé de palmiers.
Elle tient ses cahiers bien serrés contre elle.

À l’école, la classe est simple, avec des murs colorés et des fenêtres grandes ouvertes. Quand le vent souffle, les rideaux dansent. Maria aime écouter son professeur raconter l’histoire de héros courageux et de saints qui ont aidé les autres.

Parfois, elle trouve les mathématiques difficiles. Elle soupire un peu… mais elle n’abandonne pas. Elle pense à sa maman qui dit toujours :
« Petit à petit, on avance. »

Un geste qui change tout

Ce jour-là, en rentrant de l’école, Maria voit leur voisine, Lola Rosa, assise devant sa maison. Elle est âgée et vit seule. Son seau d’eau est tombé, et elle ne peut pas le soulever.

Maria pose son sac.

« Je peux vous aider, Lola ? »

Avec Paolo, ils remplissent le seau au puits et le portent doucement jusque chez elle. Lola Rosa sourit, ses yeux brillent.

« Salamat, merci mes enfants. Vous m’apportez de la joie. »

Maria sent son cœur devenir tout chaud. Elle comprend que même un petit geste peut illuminer la journée de quelqu’un.

Le soir, ensemble

Le soir, la famille se retrouve autour d’un repas simple. Papa raconte sa journée de travail. Maman parle du marché. Maria partage son aide à Lola Rosa.

« Je suis fière de toi », dit maman en lui caressant les cheveux.

Avant de dormir, ils prient encore. Cette fois, Maria remercie pour l’école, pour Lola Rosa, et pour sa famille.

Allongée sur son matelas, elle regarde les étoiles par la fenêtre. Elle pense à demain. Elle ne sait pas ce que l’avenir lui réserve. Mais elle sait une chose : l’amour habite leur maison.

Et cela suffit pour faire de grands rêves.

o. Julieto Casapao SMA

De bonnes nouvelles du Cap-Vert !

Chers amis, chers enfants,

Je suis très heureuse de vous partager une belle nouvelle.

Les cadeaux envoyés d’Europe sont bien arrivés sur l’île de São Vicente, au Cap-Vert, un bel archipel situé au large de l’Afrique.

Les conteneurs partis en octobre sont arrivés sains et saufs.
Ils ont été déchargés à Mindelo et j’ai pu remettre les cadeaux aux enfants et à leurs familles.

Les enfants étaient très heureux !
Il y avait beaucoup de sourires, de joie et de lumière sur leurs visages.

Du fond du cœur, je vous dis merci.
Merci à tous les donateurs, bénévoles et amis des missions.

Grâce à votre bonté et à vos cœurs ouverts, l’amour et l’espérance arrivent jusqu’ici, au Cap-Vert.

Avec toute ma gratitude et ma prière,
Sr Jolanta Burdak

Le Petit Tambour et la Grande Étoile

Depuis qu’il était tout petit, le garçon aimait écouter la voix de son grand-père avant de s’endormir.

Le vieil homme parlait doucement, comme si chaque mot venait du ciel. Il racontait l’histoire d’un Roi promis depuis longtemps, d’un Sauveur qui viendrait éclairer les chemins sombres.

« Quand le moment viendra, le ciel chantera », disait-il.
« Ceux qui regardent avec le cœur comprendront. »

Le garçon gardait ces paroles comme un trésor.
Son seul bien précieux était un petit tambour en bois. Quand il en jouait, même le vent semblait s’arrêter pour écouter.


La nuit de l’étoile

Une nuit, une lumière étrange entra par la fenêtre.

Dehors, une étoile immense brillait plus fort que toutes les autres. Le garçon sentit son cœur battre très fort.

« C’est le signe… », murmura-t-il.

Le lendemain, il rencontra trois voyageurs venus de très loin. Ils cherchaient un Roi de paix annoncé dans les anciens écrits.

« L’étoile nous montre la route », dirent-ils.
« Viens avec nous si ton cœur le désire. »

Le garçon regarda son tambour.
Il n’avait ni or, ni encens, ni myrrhe.
Mais il avait sa musique.

Alors il partit avec eux.


Un cadeau simple

Après un long voyage, l’étoile s’arrêta au-dessus d’une petite étable.

À l’intérieur, Marie souriait. Joseph veillait.
Dans une mangeoire reposait un tout petit enfant : Jésus.

Les mages offrirent leurs trésors.
Les bergers offrirent leurs chants.

Le garçon s’approcha timidement.
Il posa son tambour contre son cœur… et joua.

D’abord tout doucement.
Puis plus fort.

Comme si chaque battement disait :
« Voilà tout ce que j’ai. Je te l’offre. »

Et Jésus sourit.


Une lumière qui ne s’éteint pas

Ce sourire illumina la pièce plus que toutes les étoiles du ciel.

Quand ils repartirent, quelque chose avait changé.
La lumière de l’étoile brillait maintenant dans leur cœur.

Le garçon serra son tambour contre lui.
Il savait que cette histoire continuerait de briller longtemps.


Et toi, quel petit “tambour” pourrais-tu offrir à Jésus ?

Lumière au milieu des ténèbres

Dans un pays marqué par le conflit, les catastrophes naturelles et une profonde crise humanitaire, les enfants sont souvent les premiers à perdre l’accès à l’éducation et à la sécurité.

Là où les écoles ferment et où les familles fuient, les internats de l’Église deviennent un refuge — et parfois le seul espoir.


Une situation toujours plus fragile

Je vous écris du diocèse de Taungngu, au Myanmar.

Conflits armés, déplacements forcés, inondations, tremblements de terre… De nombreuses familles ont perdu leur maison et leurs revenus. Les enfants, eux, perdent la chance d’une éducation qui pourrait transformer leur avenir.

Beaucoup d’écoles publiques restent fermées. De plus en plus d’enfants frappent à la porte de nos internats, cherchant un lieu sûr et la possibilité d’apprendre.


1 483 enfants accueillis

Aujourd’hui, 1 483 enfants — locaux et réfugiés — vivent dans 31 internats de notre diocèse.

Malgré les difficultés, leur détermination impressionne.
La plupart d’entre eux réussissent leurs examens d’État et participent à des programmes de soutien éducatif.

Ils veulent apprendre. Ils veulent avancer.


Nourrir pour permettre d’étudier

Notre plus grand défi est simple et vital : nourrir les enfants chaque jour.

Grâce aux aides reçues, nous avons pu distribuer 350 sacs de riz, permettant à ces jeunes de tenir encore quelques semaines.

En voyant leur joie et leur soulagement, je comprends combien chaque geste de solidarité sauve réellement des vies.


Continuer malgré l’incertitude

Les prix des denrées augmentent et l’avenir de nos internats reste fragile.

Ma prière quotidienne est que ces enfants puissent continuer à apprendre. Car une chance donnée aujourd’hui peut bâtir un avenir nouveau pour leurs familles — et pour tout le pays.

Malgré l’obscurité, nous avançons.
Nous accompagnons, nourrissons, enseignons.

Et chaque jour, je rends grâce à Dieu de pouvoir être, pour eux, une lumière au milieu des ténèbres.

— Père William Htoo
Taungngu, Myanmar

Tisser des liens

Une mission de santé et d’espérance à Kaande

À Kaande, dans le diocèse de Mongu en Zambie, la mission prend des visages très concrets.

Quatre Sœurs Comboniennes y servent la communauté : pastorale, agriculture, éducation… et santé.

Infirmière de formation, je coordonne un groupe de promotrices de santé locales, formées pour accompagner les familles face aux problèmes médicaux les plus courants.


Une équipe au-delà des confessions

La plupart de ces femmes ne sont pas catholiques.
Baptistes, adventistes ou néo-apostoliques, elles travaillent avec nous dans un esprit d’unité.

Un jour, l’une d’elles m’a dit :

« L’Église catholique est différente. Chez nous, nous prions et chantons, mais nous ne nous occupons pas des problèmes sociaux. »

Cette remarque m’a profondément touchée.
Notre engagement concret auprès des plus vulnérables devient un témoignage vivant de foi.


Former pour protéger la vie

Les animatrices ont appris à accompagner les femmes enceintes, à prendre soin des nouveau-nés et à conseiller les familles.

Face à l’augmentation des maladies de peau liées à une mauvaise hygiène — souvent parce que le savon coûte trop cher — nous avons organisé des ateliers de fabrication de savon artisanal.

Des solutions simples, accessibles, adaptées à la réalité locale.


Éclairer, accompagner, respecter

Certaines croyances persistent : la maladie serait causée par quelqu’un d’autre, ou devrait être soignée par un chaman.

Nous intervenons toujours avec respect, en visitant les familles et en expliquant patiemment.

La mission, c’est aussi cela : accompagner, écouter, éclairer.


« Faire cause commune »

À Kaande, nous essayons de « faire cause commune », selon l’intuition combonienne :

donner aux personnes les moyens de devenir actrices de leur propre développement — humain et spirituel.

Et chaque jour, nous découvrons qu’en servant les autres, nous tissons aussi des liens d’espérance.

— Sœur Sonia de Jésus García
Kaande, Zambie