Italie – Une maison de l’Église universelle

Le Collège Mater Ecclesiae de Castel Gandolfo est un lieu de formation pour des religieuses venues du monde entier, où la vie quotidienne devient une véritable expérience de l’Église universelle. Sœur Genowefa Kudlik SSPC, directrice du collège, nous partage la réalité de cette maison ainsi que la mission de la communauté internationale des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver qui y est présente.

Castel Gandolfo, connu principalement comme résidence d’été des papes, possède également une autre richesse spirituelle : le Collège Mater Ecclesiae. Ici, l’histoire de l’Église rencontre sa réalité missionnaire vivante et actuelle. Pour celles qui y vivent, le collège n’est pas seulement une institution académique, mais avant tout une maison — un lieu de rencontre, de fraternité et de vie partagée.

Le collège accueille des religieuses venues à Rome grâce à des bourses d’études leur permettant de suivre une formation dans les universités pontificales. Elles représentent différents pays, cultures et traditions ecclésiales. Dans cette diversité naît une véritable expérience d’unité, vécue concrètement chaque jour dans la prière commune, les échanges fraternels et la vie quotidienne.

Une mission née du Concile Vatican II

Le Collège Mater Ecclesiae a été fondé en 1976 par le pape Paul VI, dans le contexte du renouveau initié par le Concile Vatican II. Son objectif était de soutenir les jeunes Églises, notamment en Afrique, en Asie et en Océanie, à travers la formation de religieuses appelées à exercer des responsabilités importantes dans leurs communautés.

Le collège n’est pas une université, mais un lieu de vie où la formation intellectuelle s’unit à la formation spirituelle et communautaire.

Aujourd’hui, 131 religieuses provenant de 24 pays et appartenant à 99 congrégations vivent au collège. La majorité d’entre elles viennent des jeunes Églises des pays ad gentes. Cette diversité constitue l’une des plus grandes richesses du lieu et devient un espace de rencontre, d’apprentissage mutuel et de construction de l’unité.

La présence des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver

Au cœur de cette réalité se trouve la présence quotidienne des Sœurs Missionnaires de Saint Pierre Claver. Leur communauté est elle aussi internationale : elle est composée d’une sœur africaine originaire du Cap-Vert, d’une sœur polonaise et d’une sœur indienne.

Leur mission consiste à accompagner les religieuses dans leur parcours de formation tout en veillant à la vie quotidienne du collège, à son organisation et à l’atmosphère propice à l’étude, à la prière et à la fraternité.

Leur présence s’exprime dans les gestes simples de chaque jour : l’écoute, les conversations, l’accompagnement dans les moments difficiles ou exigeants. C’est une manière concrète de vivre le charisme de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska, qui accordait une grande importance au soutien de l’Église missionnaire et à la formation des femmes dans les pays de mission.

La formation au cœur de la vie du collège

En tant qu’institution dépendant du Dicastère pour l’Évangélisation, le collège a une mission bien précise : soutenir la formation des religieuses appelées à servir dans leurs Églises locales.

Le collège représente ainsi un lieu de transition : entre les études et le retour dans le pays d’origine, entre la formation et la mission, entre la réflexion et le service concret.

La formation occupe une place centrale dans la vie du collège. Chaque année, un thème spirituel accompagne toutes les activités de la communauté. Cette année, les religieuses méditent les paroles de saint Augustin :

« Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi. »

Ce thème ne reste pas un simple slogan, mais devient le fil conducteur de toute l’année. Les sœurs participent notamment à :

  • cinq jours d’exercices spirituels annuels ;
  • une journée mensuelle de recollection et de lectio divina ;
  • des rencontres communautaires régulières ;
  • un travail en dix groupes internationaux.

Des conférences spirituelles et des pèlerinages « sur les traces des saints » sont également organisés deux fois par an.

Une attention particulière est accordée aux jeunes professes, qui bénéficient d’un programme complémentaire consacré à la vie religieuse et aux vœux. Le collège propose aussi un accompagnement psychologique individuel et communautaire assuré par des spécialistes.

La diversité comme richesse spirituelle

La vie du collège est aussi animée par les initiatives des religieuses elles-mêmes. Elles organisent des rencontres culturelles et liturgiques, des journées internationales, des activités communautaires et des temps de fraternité.

La communauté du collège possède un caractère profondément multiculturel et multiethnique. Des religieuses venues de différents continents, avec leurs traditions, leurs langues et leurs manières propres de vivre la foi, y partagent la même vie quotidienne.

Cette diversité devient une expérience spirituelle, un véritable « prophétisme de l’unité » qui naît du vivre-ensemble et du partage des richesses des différentes Églises locales.

La division en dix groupes internationaux permet de vivre cette réalité de manière plus personnelle. Dans ces petits groupes, les sœurs apprennent à s’écouter mutuellement, à partager leur expérience de foi et à s’accompagner dans la vie quotidienne.

Les journées culturelles internationales et les célébrations communes permettent de découvrir la richesse des traditions de l’Église dans les différentes parties du monde.

Ainsi, le collège devient un lieu où l’on peut expérimenter concrètement l’Église universelle : une communauté vivante où la diversité ne divise pas, mais enrichit et conduit à une unité plus profonde dans le Christ.

C’est dans cette vie quotidienne, simple mais profondément riche, que réside la force particulière de ce lieu.

Sœur Genowefa Kudlik SSPC

Les hauts et les basd’une route

Notre paroisse d’Amakuriat, située dans une petite ville du nord-ouest du Kenya, est dédiée à Notre-Dame de la Paix. Nous vivons parmi le peuple Pokot, dans une région montagneuse à environ 1600 mètres d’altitude, où le climat est particulièrement agréable.

Notre communauté est composée de quatre missionnaires comboniens venant de différents horizons : un Soudanais, un Kenyan, un Mexicain et moi-même, originaire de Palencia, en Espagne. À proximité se trouve également une communauté de cinq sœurs comboniennes qui assurent la gestion du dispensaire et participent activement à la pastorale. Depuis quelques mois, trois missionnaires laïcs comboniens se sont aussi installés dans l’une de nos chapelles, à Chelopoy.

Comme missionnaires consacrés au Seigneur, nos journées commencent tôt par la prière communautaire et la célébration de l’Eucharistie.

À la découverte du peuple Pokot

Même si je suis arrivé récemment, j’apprends déjà beaucoup sur la culture et le mode de vie du peuple Pokot. Chaque mercredi, lorsque cela est possible, je me rends au grand marché local. C’est un lieu vivant où l’on peut acheter, vendre, échanger… mais surtout observer et apprendre.

Traditionnellement, les Pokot vivent de l’élevage, qui demeure leur principale source de revenus. Depuis quelques années, ils développent également l’agriculture afin de compléter leurs ressources. Ce sont des personnes accueillantes et chaleureuses, attachées à leurs traditions et à une vie simple, même si la région a connu par le passé plusieurs conflits liés au bétail avec les peuples voisins du Kenya et de l’Ouganda.

La famille élargie joue un rôle important dans la société Pokot. Les femmes portent une grande partie des responsabilités familiales et s’occupent des enfants ainsi que des tâches quotidiennes les plus difficiles. Dans de nombreuses familles, tous les enfants ne peuvent pas aller à l’école, certains étant chargés de garder les troupeaux.

Une région en développement

Pendant longtemps, cette région est restée isolée et peu développée. Aujourd’hui, les autorités locales et nationales investissent progressivement dans la construction d’écoles, de dispensaires et de puits d’eau dans les différentes communautés.

Le principal défi reste toutefois l’accès routier. La route menant à Amakuriat est encore en très mauvais état, rendant les déplacements difficiles et limitant les visites extérieures. Certaines tentatives de modernisation ont rencontré des résistances, plusieurs habitants craignant que l’arrivée de personnes extérieures ne fragilise leurs traditions culturelles.

Une mission au service des communautés

Notre paroisse couvre un vaste territoire et accompagne 53 petites communautés chrétiennes dispersées dans la région. Certaines sont situées à plus de trois heures de route sur des pistes difficiles d’accès.

Chaque semaine, les missionnaires partent à deux pour visiter ces communautés, partager la vie des habitants, célébrer les sacrements et soutenir la foi des familles.

Afin d’assurer un meilleur accompagnement pastoral, une nouvelle paroisse devrait prochainement être créée sur une partie de notre territoire et confiée à une autre congrégation missionnaire.

« Faire le bien » à la manière du Christ

Notre mission première est l’évangélisation à travers la présence, l’écoute et le service. Nous voulons suivre l’exemple de Jésus-Christ qui, tout en annonçant la Parole de Dieu, « passait en faisant le bien ».

C’est précisément ce que nous essayons de vivre chaque jour à Amakuriat.

En plus des célébrations liturgiques et de la catéchèse, nous développons plusieurs initiatives concrètes :

  • gestion d’un petit dispensaire ;
  • construction et soutien des écoles ;
  • accompagnement scolaire des enfants et des jeunes ;
  • aide aux enfants en situation de handicap ;
  • formation des catéchistes et des responsables locaux ;
  • rencontres pour promouvoir les valeurs chrétiennes dans les familles ;
  • gestion d’une boulangerie qui fournit le pain quotidien à la population.

Nous bénéficions également de la présence d’un frère combonien spécialisé dans la recherche de points d’eau et le forage de puits pour les communautés locales.

Enfin, en janvier dernier, nous avons ouvert une petite maison d’accueil de quinze lits ainsi qu’un restaurant, dont les revenus contribuent au financement des activités de la paroisse.

P. Juan Manuel Labajo Pejenaute

Obuntu : voyage de joie et de gratitude

PAYS-BAS / OUGANDA. Sœur Caroline Namujju, originaire d’Ouganda, partage son expérience de vocation dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver. Elle évoque l’esprit d’ubuntu – une sagesse africaine de la vie en communauté – qui l’a accompagnée tout au long de sa formation jusqu’à la profession de ses vœux perpétuels.

L’esprit d’ubuntu sur le chemin de la vocation

Lorsque je m’arrête un instant pour réfléchir à mon chemin dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver, le mot ubuntu semble résumer la profonde joie que je ressens dans mon cœur. Depuis que j’ai rejoint cette communauté religieuse en 2013, j’ai été entourée de l’esprit d’ubuntu — ce qui, dans un beau proverbe africain, signifie :
Je suis ce que je suis parce que nous sommes ce que nous sommes.

Cette attitude de vie a non seulement guidé ma formation religieuse, mais elle est aussi devenue une source de force grâce à laquelle j’ai grandi avec mes sœurs. Nous nous sommes soutenues mutuellement et avons découvert que nos chemins personnels sont liés à travers des expériences partagées.

Vœux perpétuels – un jour de gratitude

Le 8 décembre 2025, j’ai eu la grâce de célébrer en Ouganda la profession de mes vœux perpétuels, entourée de ma famille et de mes amis. Ce jour a été un magnifique aboutissement de douze années de croissance et de don de soi — un jour rempli de joie, où tous ont participé avec moi à ma promesse de dire pour toujours mon fiat : qu’il me soit fait.

Ce fut un jour qui a confirmé les liens d’amour et de soutien au sein de notre famille claverienne.

L’esprit d’ubuntu m’a unie à mes sœurs et je suis reconnaissante pour chaque moment partagé, chaque prière et chaque chemin parcouru ensemble. En avançant, j’emporte avec moi ces valeurs, sachant qu’elles continueront à guider et à fortifier non seulement ma vie, mais aussi celle de tous ceux qui font partie de notre famille religieuse.

Avec gratitude et joie, je célèbre ce chemin — un chemin enrichi par le lien qui m’unit à chacun de vous. Merci de faire partie de mon histoire. Merci d’incarner l’esprit d’ubuntu dans notre vie commune.

Sœur Caroline Namujju SSPC
d’Ouganda, actuellement dans la communauté claverienne de Maastricht, aux Pays-Bas.