Neuvaine avec Marie-ThérÚse Ledóchowska

Y a-t-il une intention que tu gardes dans ton cƓur ? Dùs demain, le 28 mars, nous commençons la neuvaine par l’intercession de Maria Teresa Ledóchowska. Durant ces jours de priùre, nous portons aussi ta priùre devant Dieu.

Ensemble, nos priĂšres se rejoignent – simples, mais pleines de lumiĂšre et d’espĂ©rance. Tu n’es pas seul. Rejoins la neuvaine et partage ton intention

Neuvaine par l’intercession
de la bienheureuse Marie-ThérÚse Ledóchowska

TrĂšs aimable JĂ©sus, Tu veux que tous les hommes soient sauvĂ©s. Pour eux Tu as versĂ© Ton sang sur la croix. Allume en nous le feu de Ton amour, dont Tu as enflammĂ© la Bienheureuse Marie-ThĂ©rĂšse qui s’est donnĂ©e, corps et Ăąme, Ă  la cause de l’évangĂ©lisation. Par son intercession fais-nous la grĂące (…) et donne-nous, qu’en imitant son tendre amour pour Toi, JĂ©sus, et pour tous nos frĂšres et sƓurs, nous puissions, un jour avec elle, glorifiĂ©e, jouir de la vie sans fin au Ciel. Amen.

Obuntu : voyage de joie et de gratitude

PAYS-BAS / OUGANDA. SƓur Caroline Namujju, originaire d’Ouganda, partage son expĂ©rience de vocation dans la CongrĂ©gation des SƓurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver. Elle Ă©voque l’esprit d’ubuntu – une sagesse africaine de la vie en communautĂ© – qui l’a accompagnĂ©e tout au long de sa formation jusqu’à la profession de ses vƓux perpĂ©tuels.

L’esprit d’ubuntu sur le chemin de la vocation

Lorsque je m’arrĂȘte un instant pour rĂ©flĂ©chir Ă  mon chemin dans la CongrĂ©gation des SƓurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver, le mot ubuntu semble rĂ©sumer la profonde joie que je ressens dans mon cƓur. Depuis que j’ai rejoint cette communautĂ© religieuse en 2013, j’ai Ă©tĂ© entourĂ©e de l’esprit d’ubuntu — ce qui, dans un beau proverbe africain, signifie :
Je suis ce que je suis parce que nous sommes ce que nous sommes.

Cette attitude de vie a non seulement guidĂ© ma formation religieuse, mais elle est aussi devenue une source de force grĂące Ă  laquelle j’ai grandi avec mes sƓurs. Nous nous sommes soutenues mutuellement et avons dĂ©couvert que nos chemins personnels sont liĂ©s Ă  travers des expĂ©riences partagĂ©es.

VƓux perpĂ©tuels – un jour de gratitude

Le 8 dĂ©cembre 2025, j’ai eu la grĂące de cĂ©lĂ©brer en Ouganda la profession de mes vƓux perpĂ©tuels, entourĂ©e de ma famille et de mes amis. Ce jour a Ă©tĂ© un magnifique aboutissement de douze annĂ©es de croissance et de don de soi — un jour rempli de joie, oĂč tous ont participĂ© avec moi Ă  ma promesse de dire pour toujours mon fiat : qu’il me soit fait.

Ce fut un jour qui a confirmĂ© les liens d’amour et de soutien au sein de notre famille claverienne.

L’esprit d’ubuntu m’a unie Ă  mes sƓurs et je suis reconnaissante pour chaque moment partagĂ©, chaque priĂšre et chaque chemin parcouru ensemble. En avançant, j’emporte avec moi ces valeurs, sachant qu’elles continueront Ă  guider et Ă  fortifier non seulement ma vie, mais aussi celle de tous ceux qui font partie de notre famille religieuse.

Avec gratitude et joie, je cĂ©lĂšbre ce chemin — un chemin enrichi par le lien qui m’unit Ă  chacun de vous. Merci de faire partie de mon histoire. Merci d’incarner l’esprit d’ubuntu dans notre vie commune.

SƓur Caroline Namujju SSPC
d’Ouganda, actuellement dans la communautĂ© claverienne de Maastricht, aux Pays-Bas.

La famille de St-Pierre Claver en Autriche

AUTRICHE. Dans la Maison Missionnaire Maria Sorg, prĂšs de Salzbourg, le cƓur missionnaire de la CongrĂ©gation bat depuis plus de cent ans. C’est ici que sont nĂ©es de nombreuses initiatives en faveur de l’évangĂ©lisation en Afrique et sur d’autres continents. Aujourd’hui, une communautĂ© internationale de sƓurs sert les missions avec zĂšle et engagement, par la priĂšre, le travail et l’animation missionnaire.

Histoire de Maria Sorg

Les dĂ©buts de la communautĂ© Ă  Maria Sorg sont Ă©troitement liĂ©s Ă  l’histoire de la CongrĂ©gation en Autriche. Il s’agit de la premiĂšre maison acquise en 1897 par la bienheureuse Marie-ThĂ©rĂšse LedĂłchowska comme siĂšge de la CongrĂ©gation et centre de l’apostolat missionnaire. DĂšs l’annĂ©e suivante, une imprimerie missionnaire y fut fondĂ©e.

Les sƓurs publiaient des revues destinĂ©es aux adultes, aux jeunes et aux enfants, afin de les sensibiliser aux besoins des missions, notamment Echo d’Afrique, la Petite BibliothĂšque Africaine et des calendriers missionnaires en six langues europĂ©ennes, tirĂ©s Ă  des centaines de milliers d’exemplaires.

On y imprimait Ă©galement des livres en langues africaines – catĂ©chismes, extraits de la Sainte Écriture, livres de priĂšre – souvent les premiĂšres publications dans ces langues. Aujourd’hui, ces ouvrages peuvent ĂȘtre admirĂ©s dans le musĂ©e missionnaire de Maria Sorg.

En 1938, aprĂšs l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, l’activitĂ© fut interrompue et les sƓurs durent quitter la maison. AprĂšs la guerre, les Ɠuvres n’ont plus retrouvĂ© leur ampleur d’autrefois. Aujourd’hui encore, les revues sont imprimĂ©es Ă  Salzbourg.

La communautĂ© aujourd’hui

La communautĂ© actuelle est composĂ©e de huit sƓurs et d’une sodale – une laĂŻque entiĂšrement consacrĂ©e aux missions. Elle est internationale : trois sƓurs viennent de Pologne, trois d’Inde, une des Pays-Bas et une d’Autriche. La sodale est Ă©galement autrichienne, originaire de Loosdorf, lieu de naissance de la Fondatrice.

La diversitĂ© des cultures, des Ăąges et des expĂ©riences enrichit notre vie commune. Ce qui nous unit, c’est la foi et l’amour de JĂ©sus-Christ, scellĂ©s par les vƓux religieux. Dans l’Eucharistie et la priĂšre, nous trouvons la force de rester fidĂšles Ă  notre vocation et de servir les missions selon le charisme de la bienheureuse Marie-ThĂ©rĂšse LedĂłchowska.

Chacune sert les missions selon ses possibilitĂ©s. Deux sƓurs s’occupent de la rĂ©daction de revues missionnaires : sƓur Paula publie Afrika fĂŒr Christus en allemand, et sƓur Jeanine Ă©dite Echo d’Afrique en nĂ©erlandais ainsi que la revue pour enfants Ailleurs, les enfants vivent autrement. SƓur Rosily est responsable de l’expĂ©dition des revues et de la correspondance avec les bienfaiteurs.

À l’automne, nous visitons les paroisses pour Ă©veiller le sens de la coresponsabilitĂ© missionnaire. Nous y proposons nos revues, calendriers et autres supports pour soutenir l’évangĂ©lisation.

Animation missionnaire et musée

SƓur Rosily visite Ă©galement les Ă©coles, oĂč elle prĂ©sente, pendant les cours de religion, la situation des enfants en Inde. Ces rencontres suscitent beaucoup d’intĂ©rĂȘt et aident les jeunes Ă  dĂ©couvrir le monde des missions.

Nos deux musĂ©es – le musĂ©e de la Fondatrice et de la CongrĂ©gation ainsi que le musĂ©e missionnaire – attirent Ă©galement de nombreux visiteurs. Les visites sont souvent accompagnĂ©es d’un temps de priĂšre dans la chapelle, ainsi que d’une dĂ©couverte de la chapelle historique de Notre-Dame du BlĂ© (1683) et du cimetiĂšre des sƓurs.

La Maison Missionnaire est aussi un lieu de formation : des conseils paroissiaux s’y rĂ©unissent, des candidats au diaconat permanent y sont formĂ©s, et des retraites pour enfants y sont organisĂ©es. En Ă©tĂ©, des scouts de France et de Belgique sĂ©journent dans le jardin.

Collaboration avec les laĂŻcs

Ces derniĂšres annĂ©es, notamment Ă  l’occasion du centenaire de la mort de la bienheureuse Marie-ThĂ©rĂšse, l’intĂ©rĂȘt pour sa personne a grandi en Autriche. Un groupe de laĂŻcs s’est formĂ© pour faire connaĂźtre sa spiritualitĂ© et son Ɠuvre missionnaire Ă  travers diverses initiatives.

Cette collaboration a portĂ© de beaux fruits : films tĂ©lĂ©visĂ©s, publications, un symposium scientifique Ă  Salzbourg, expositions et concerts – Ă©galement en dehors de l’Autriche. De plus en plus de personnes dĂ©couvrent l’hĂ©ritage spirituel de la Fondatrice.

Nous continuons Ă  prier pour de nouvelles vocations – pour des cƓurs prĂȘts Ă  appartenir totalement au Christ et Ă  ĂȘtre ses tĂ©moins, aux extrĂ©mitĂ©s de la terre comme lĂ  oĂč la foi s’affaiblit.

Nous ne perdons pas l’espĂ©rance. Notre force vient des paroles de la bienheureuse Marie-ThĂ©rĂšse LedĂłchowska :
« L’amour du Christ nous pousse Ă  accomplir des Ɠuvres de misĂ©ricorde, mĂȘme au-delĂ  des frontiĂšres de notre propre pays. »

SƓur Urszula Lorek, SSPC

Vers la Résurrection

BOLIVIE. Comment vit-on le Triduum pascal dans les Andes boliviennes ? SƓur GraĆŒyna MaƂecka USJK raconte la profonde religiositĂ© des fidĂšles, les mystĂšres trĂšs rĂ©alistes de la Passion du Christ, la visite nocturne des sept Ă©glises et la grande joie de la RĂ©surrection vĂ©cue en communautĂ©.

Le Chemin de Croix au cƓur de la piĂ©tĂ© andine

Dans la tradition de l’Église dans les Andes, le moment le plus important du Triduum pascal est le Vendredi saint, et plus prĂ©cisĂ©ment le Chemin de Croix. Il me semble que cela s’explique – au moins en partie – par la richesse de l’imagination et le sens profond du symbole chez le peuple bolivien, qui dĂ©sire chaque annĂ©e vivre une expĂ©rience intĂ©rieure forte : demander pardon pour ses pĂ©chĂ©s et remercier Dieu pour le sacrifice de la Passion, de la Mort et de la RĂ©surrection de son Fils divin.

Depuis de nombreuses années, le Vendredi saint est ici un jour férié, également pour les écoles. Je voudrais raconter briÚvement comment se déroulent les célébrations du Triduum en Bolivie.

Le Jeudi saint et la nuit des sept églises

Le Jeudi saint, cette année, beaucoup plus de personnes que les années précédentes ont participé à la messe de la CÚne du Seigneur dans la nouvelle église de notre district.

Le rite du lavement des pieds ne consiste pas ici littĂ©ralement Ă  laver les pieds de douze apĂŽtres, car il est difficile de trouver douze hommes dans l’église. Ce sont donc surtout des femmes et des enfants qui participent Ă  ce geste.

À la fin de la liturgie, le Saint-Sacrement est portĂ© en procession vers le lieu d’adoration, oĂč il reste exposĂ© jusqu’à minuit. Les habitants d’Oruro ont l’habitude de visiter cette nuit-lĂ  sept Ă©glises oĂč le Saint-Sacrement est exposĂ©, afin d’honorer JĂ©sus qui, aprĂšs la DerniĂšre CĂšne, a Ă©tĂ© conduit en diffĂ©rents lieux.

Le premier lieu rappelle le chemin vers le Jardin des Oliviers ; le deuxiĂšme, celui vers la maison du grand prĂȘtre Anne ; le troisiĂšme, vers la maison de CaĂŻphe ; le quatriĂšme, vers le prĂ©toire de Pilate ; le cinquiĂšme, vers le palais d’HĂ©rode ; le sixiĂšme, de nouveau vers Pilate ; et le septiĂšme rappelle le chemin sur lequel JĂ©sus a portĂ© sa croix vers le Golgotha.

Le mystĂšre de la Passion du Christ

Le Vendredi saint, on joue le drame de la Passion du Christ, auquel participent des jeunes, des enfants et certains adultes. Les diffĂ©rentes scĂšnes de la Passion sont marquĂ©es par des images de violence et de brutalitĂ©, prĂ©sentĂ©es de maniĂšre trĂšs rĂ©aliste, avec beaucoup d’engagement, de larmes et de repentir de la part des participants.

De temps en temps, on entend les questions des plus jeunes :
« Est-ce vraiment Jésus ? Est-il revenu parmi nous ? »

Les réactions des adultes sont différentes :
« Comme ces Romains Ă©taient brutaux et sans cƓur ! Je me sens accablĂ© par tant de souffrance du Christ. »

Le geste d’une petite fille qui court vers JĂ©sus portant la croix pour lui donner un bonbon touche profondĂ©ment tous les participants.

AprĂšs le Chemin de Croix, tous participent Ă  la liturgie du Vendredi saint Ă  l’église, puis rentrent chez eux pour continuer la cĂ©lĂ©bration en famille. Il existe ici une coutume inconnue en Europe : toute la famille s’assoit autour d’une table oĂč sont disposĂ©es douze assiettes de plats Ă  base de maĂŻs et de poisson — la viande Ă©tant absolument exclue — en mĂ©moire du repas que le Seigneur partagea avec ses douze apĂŽtres.

La Vigile pascale et la joie du baptĂȘme

La Vigile pascale du Samedi saint est cĂ©lĂ©brĂ©e avec encore plus de solennitĂ©. Le chant de la trĂšs belle priĂšre de l’Exultet — interprĂ©tĂ© par un chanteur professionnel — rĂ©sonne encore aujourd’hui dans mes oreilles.

Beaucoup de fidĂšles souhaitent lire les lectures pendant la cĂ©lĂ©bration. MĂȘme s’ils n’ont pas toujours une bonne prononciation, ils le font avec un grand dĂ©sir et beaucoup de courage, afin de participer activement Ă  la liturgie.

À la fin de la cĂ©lĂ©bration, chaque fidĂšle reçoit une bouteille d’eau bĂ©nite, qui lui rappelle le sacrement du baptĂȘme qu’il a reçu. Cela peut sembler un petit don, mais ici, chaque dimanche, pendant la cĂ©lĂ©bration de l’Eucharistie, les fidĂšles sont aspergĂ©s d’eau bĂ©nite ; c’est pourquoi emporter chez soi l’eau bĂ©nite de la Vigile pascale est quelque chose de trĂšs prĂ©cieux.

Pour bien se prĂ©parer Ă  la fĂȘte de PĂąques, la grande majoritĂ© de nos fidĂšles a participĂ© Ă  ce que l’on appelle le « marathon de la confession », organisĂ© dans toutes les Ă©glises pendant les trois premiers jours de la Semaine sainte et se poursuivant tard dans la soirĂ©e, car il y a peu de prĂȘtres et beaucoup de fidĂšles.

De plus, comme chaque année pendant la Semaine sainte, nous avons apporté aux familles dans le besoin des colis alimentaires de base, ou elles sont venues les chercher chez nous.

La joie de la Résurrection

Le dimanche de la Résurrection, malgré la simplicité des conditions dans lesquelles nous vivons, nous avons vécu une véritable joie pascale, particuliÚrement pendant la solennelle messe de Pùques. AprÚs la célébration, une rencontre fraternelle a eu lieu dans notre couvent.

Pendant les fĂȘtes pascales, nous ressentons que la foi dans le Seigneur ressuscitĂ© nous unit presque visiblement Ă  tous nos frĂšres et sƓurs chrĂ©tiens Ă  travers le monde.

SƓur GraĆŒyna MaƂecka USJK
Bolivie

Le rĂŽle des femmes Ă  Madagascar

À Madagascar, les femmes jouent un rĂŽle essentiel dans la vie sociale, Ă©conomique et religieuse. Pourtant, leur quotidien reste marquĂ© par de profondes inĂ©galitĂ©s. Entre traditions, responsabilitĂ©s familiales et obstacles structurels, leur parcours demeure souvent semĂ© d’embĂ»ches. Deux rencontres, au dĂ©tour de tournĂ©es pastorales, illustrent avec force cette rĂ©alitĂ©.

Des parcours scolaires fragilisĂ©s par l’isolement

Dans un village situĂ© Ă  six heures de marche de la premiĂšre route carrossable, une adolescente me confie ĂȘtre en classe de troisiĂšme. Son collĂšge se trouve Ă  deux heures de marche, et dans sa classe de quatorze Ă©lĂšves, seules trois sont des filles. Elle rĂȘve de poursuivre ses Ă©tudes au lycĂ©e, mais celui-ci se situe encore plus loin. Faute d’internats, il faudrait ĂȘtre hĂ©bergĂ© sur place, ce qui rend la poursuite des Ă©tudes presque inaccessible.

Plus loin, une collĂ©gienne de 12 ans raconte vivre « seule avec sa petite sƓur » dans un logement trouvĂ© par ses parents, Ă  une heure de marche du collĂšge. Elle Ă©tudie, gĂšre le foyer, prĂ©pare les repas. Ces situations, loin d’ĂȘtre isolĂ©es, rĂ©vĂšlent les obstacles persistants Ă  la scolarisation des filles : distances, charges domestiques, mariages prĂ©coces, violences. Seules 30,8 % des filles de 11 Ă  17 ans frĂ©quentent l’école secondaire.

Des piliers économiques et culturels

Dans les zones rurales, les femmes assurent une grande partie du travail agricole, vendent les produits au marché et gÚrent les revenus du foyer. Pourtant, elles ne détiennent légalement que 15 % des terres arables, contre 52 % pour les hommes.

Elles sont aussi les gardiennes des traditions : artisanat, rituels familiaux, transmission culturelle. Dans certaines rĂ©gions, la sƓur du roi occupe mĂȘme un rĂŽle symbolique supĂ©rieur Ă  celui du souverain, signe de l’importance accordĂ©e aux femmes dans les structures coutumiĂšres.

Santé : un accÚs encore trop limité

L’accĂšs aux soins reste un dĂ©fi majeur. Seuls 45,8 % des accouchements sont assistĂ©s par un professionnel de santĂ©, et 14,6 % des besoins en contraception ne sont pas satisfaits.

Dans de nombreuses zones rurales, les dispensaires sont rares. À cĂŽtĂ© du centre catĂ©chĂ©tique oĂč je rĂ©side, les Filles de la Sagesse tiennent le seul lieu de soin sur des kilomĂštres. Leur engagement est remarquable, mais souvent insuffisant face Ă  l’urgence : dĂ©cĂšs en couche, infections post-partum, malaria, tuberculose, bilharziose
 et mĂȘme la peste, toujours prĂ©sente dans certaines rĂ©gions.

Une représentation politique encore timide

En 2021, les femmes n’occupaient que 17 % des siĂšges Ă  l’AssemblĂ©e nationale et 11 % au SĂ©nat. Une loi adoptĂ©e en 2022 vise Ă  renforcer la paritĂ© dans les postes nominatifs et Ă©lectifs.

Christine Harijaona Razanamahasoa, prĂ©sidente de l’AssemblĂ©e nationale Ă  deux reprises (2014, puis 2019-2024), demeure une figure marquante de ce combat. Des programmes, notamment ceux du PNUD, accompagnent Ă©galement l’émergence de femmes leaders, en particulier en pĂ©riode Ă©lectorale.

Autonomisation Ă©conomique : des initiatives porteuses d’espoir

Dans le Grand Sud et d’autres rĂ©gions, des projets de dĂ©veloppement soutiennent les activitĂ©s gĂ©nĂ©ratrices de revenus portĂ©es par les femmes. Ces initiatives contribuent Ă  amĂ©liorer les conditions de vie des familles et Ă  renforcer l’autonomie Ă©conomique fĂ©minine.

Des actrices majeures de la vie religieuse

La vie ecclĂ©siale malgache repose largement sur l’engagement des femmes. La figure de Victoire Rasoamanarivo (1848-1894), bĂ©atifiĂ©e en 1989, incarne cette contribution : soutien aux communautĂ©s, organisation de l’Église, soin des plus vulnĂ©rables.

Aujourd’hui encore, les catĂ©chistes femmes jouent un rĂŽle essentiel, notamment dans les Ă©glises de brousse oĂč elles animent la priĂšre et transmettent la foi. Dans les Églises protestantes, les associations fĂ©minines sont trĂšs actives dans les domaines Ă©ducatif, sanitaire et social, mĂȘme si les postes pastoraux restent majoritairement masculins.

Briser les silences

Les dĂ©fis restent immenses : grossesses prĂ©coces, violences sexuelles, viols, inceste — un sujet encore largement tabou. Certaines artistes contribuent Ă  briser ce silence. La chanteuse Denise, originaire de Tamatave, aborde ces thĂšmes avec force dans Zonay Vehivavy (« Nos droits de femmes »), dĂ©nonçant les abus subis dans le cercle familial. Une prise de parole courageuse, qui participe Ă  faire Ă©voluer les mentalitĂ©s.

Les femmes malgaches sont au cƓur de la sociĂ©tĂ©, mais leur potentiel reste entravĂ© par des obstacles persistants. Éducation, santĂ©, sĂ©curitĂ©, reprĂ©sentation politique : les dĂ©fis sont nombreux, mais les initiatives locales, l’engagement des communautĂ©s et le courage de nombreuses femmes ouvrent des perspectives d’espoir.

P. Jérémy FavreliÚre, MEP

La famille de St-pierre Claver en italie

ITALIE. L’histoire de la maison clarĂ©tienne de Trente remonte aux dĂ©buts mĂȘmes de l’Ɠuvre de la bienheureuse Marie-ThĂ©rĂšse LedĂłchowska. Depuis plus de cent ans, ce lieu est un espace de priĂšre, d’animation missionnaire et de collaboration vivante entre sƓurs et laĂŻcs, profondĂ©ment enracinĂ© dans l’histoire de l’Église locale et dans l’engagement missionnaire de gĂ©nĂ©rations successives.

La maison des SƓurs Missionnaires de Saint-Pierre Claver Ă  Trente est, depuis son origine, Ă©troitement liĂ©e Ă  la personne de la Fondatrice. Marie-ThĂ©rĂšse LedĂłchowska a sĂ©journĂ© Ă  plusieurs reprises Ă  Trente et dans ses environs, dĂ©jĂ  lorsqu’elle Ă©tait dame de cour en Toscane (la partie actuelle italienne du Tyrol appartenait alors Ă  l’Empire austro-hongrois).

Deux jours aprĂšs l’approbation pontificale de la Sodalicie (9 avril 1894), sur le chemin du retour de Rome vers Salzbourg, elle s’arrĂȘta Ă  Trente pour inviter Ă  collaborer sa premiĂšre compagne, la comtesse MĂ©lanie d’Erst, abonnĂ©e Ă  L’Écho d’Afrique et gouvernante des enfants des comtes Wolkenstein. Un an plus tard, les rejoignit la baronne Maria Jandl, veuve de 29 ans originaire de Merano (Tyrol), deuxiĂšme pilier de la Sodalicie naissante.

Les nombreuses confĂ©rences de Marie-ThĂ©rĂšse LedĂłchowska dans les milieux aristocratiques de Trente ainsi que dans les Ă©coles privĂ©es pour jeunes filles portĂšrent beaucoup de fruits. Le nombre d’abonnĂ©s Ă  L’Écho d’Afrique augmenta considĂ©rablement. C’est pourquoi, en 1909, elle dĂ©cida d’y ouvrir un Bureau de la Sodalicie, puis en 1911 elle acheta la maison actuelle et y fonda une filiale. Ce fut la troisiĂšme maison en Italie, aprĂšs Trieste et Rome. Elle servait de « probandat » pour les candidates du Tyrol ainsi que de centre administratif et de diffusion de l’édition allemande de L’Écho d’Afrique.

Les membres laĂŻcs de la Sodalicie

Pendant douze ans, jusqu’à la mort de la Fondatrice, la maison de Trente fut dirigĂ©e par des membres laĂŻcs. La premiĂšre responsable fut Madame Amalia Bianchi, professeure dans une Ă©cole supĂ©rieure pĂ©dagogique, puis Madame Maria Odorizzi. Une mention particuliĂšre revient Ă  Monsieur Pietro Clari, longtemps administrateur de la maison et membre honoraire de la Sodalicie.

DĂšs le dĂ©but, la maison possĂ©dait (et possĂšde toujours) un musĂ©e missionnaire, visitĂ© par de nombreux Ă©lĂšves et sĂ©minaristes. Certains y ont dĂ©couvert leur vocation missionnaire. En 1923, la filiale devint une maison religieuse, partagĂ©e entre les sƓurs et les laĂŻcs. Plus tard, elle accueillit Ă©galement des sƓurs revenues d’Afrique pour se soigner.

Un groupe de collaboratrices laĂŻques formait le « comitĂ© missionnaire ». Elles se rĂ©unissaient chaque mois pour une heure d’adoration eucharistique et un temps de formation spirituelle, accompagnĂ© par un prĂȘtre. Certaines donnaient chaque semaine plusieurs heures pour coudre des vĂȘtements liturgiques pour l’Afrique, prĂ©parer des colis pour les missions ou aider Ă  l’administration.

Avec une foi profonde et une Ă©tonnante persĂ©vĂ©rance, mĂȘme durant la Seconde Guerre mondiale, elles ont transmis cet esprit missionnaire aux gĂ©nĂ©rations suivantes, jusqu’au dĂ©but du troisiĂšme millĂ©naire.

Il convient de souligner que, dĂšs 1911, en ouvrant cette maison, la bienheureuse Marie-ThĂ©rĂšse fut une pionniĂšre de l’animation missionnaire dans cette rĂ©gion (le Bureau missionnaire diocĂ©sain ne fut fondĂ© qu’en 1927). Les laĂŻcs organisaient avec zĂšle des cĂ©lĂ©brations missionnaires, des rencontres pour enfants, des bazars, des loteries et bien d’autres initiatives.

Les Polonais en Trentin – Haut-Adige

De nombreux liens historiques et culturels unissent la Pologne et l’Italie, comme en tĂ©moignent les hymnes nationaux des deux pays. Dans l’hymne polonais, on chante : « de la terre d’Italie vers la Pologne
 », tandis que l’hymne italien Ă©voque aussi l’histoire de la Pologne.

La prĂ©sence de soldats polonais dans l’armĂ©e austro-hongroise pendant la PremiĂšre Guerre mondiale est Ă©galement restĂ©e dans les mĂ©moires. Ils Ă©taient connus pour leur foi profonde, priant souvent Ă  genoux en public. Certains sont restĂ©s dans la rĂ©gion, et leurs descendants vivent encore aujourd’hui Ă  Trente.

De nouvelles vagues migratoires ont eu lieu dans la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle, notamment pendant la loi martiale en Pologne. Aujourd’hui, la communautĂ© polonaise dans le Trentin compte plus de mille personnes. Depuis plus de 25 ans, une association polonaise y est trĂšs active, promouvant la culture et l’histoire de la Pologne.

À la fin des annĂ©es 1980, les sƓurs clarĂ©tiennes ont aidĂ© activement les rĂ©fugiĂ©s polonais, en servant de traductrices et en enseignant les bases de la langue italienne. Ces relations sont devenues des liens d’amitiĂ© et de soutien spirituel qui durent encore aujourd’hui.

Défis actuels

La situation sociale et religieuse du Trentin – Haut-Adige a beaucoup changĂ© au cours des derniĂšres dĂ©cennies. Plus de 10 % de la population est aujourd’hui composĂ©e d’immigrĂ©s, notamment d’Afrique et d’Asie, souvent de religion musulmane, tandis que les habitants locaux pratiquent moins la foi.

Face à cela, nous cherchons à adapter nos formes d’apostolat tout en restant fidùles à notre charisme.

Avec le soutien des laĂŻcs, nous continuons Ă  publier L’Écho d’Afrique. À Trente se trouvent la rĂ©daction italienne et l’administration du magazine, ainsi que l’administration germanophone pour le Tyrol. Les enfants et les jeunes peuvent visiter notre petit musĂ©e missionnaire.

Nous organisons des rencontres de formation, des priĂšres du rosaire et accompagnons plusieurs groupes missionnaires dans des villages de montagne. En collaboration avec l’Église locale, nous prĂ©parons les enfants et les jeunes aux sacrements, proposons des catĂ©chĂšses missionnaires et participons Ă  l’initiative diocĂ©saine d’« Ă©vangĂ©lisation de rue » pour rejoindre les jeunes Ă©loignĂ©s de l’Église.

Nous collaborons aussi Ă  des rencontres bibliques pour les migrants. FidĂšles Ă  l’engagement de notre Fondatrice pour la dignitĂ© des femmes africaines, nous avons accompagnĂ© pendant plusieurs annĂ©es des femmes nigĂ©rianes victimes de la traite des ĂȘtres humains.

Nous confions l’avenir de l’apostolat clarĂ©tien dans cette rĂ©gion et dans toute l’Italie Ă  l’intercession de la bienheureuse Marie-ThĂ©rĂšse LedĂłchowska. Que l’Ɠuvre qu’elle a initiĂ©e continue de suivre les chemins que le Seigneur lui indique.

SƓur ElĆŒbieta Adamiak, SSPC